‹ Le Palais Impérial de Constantinople et ses abords, Sainte-Sophie, le Forum Augustéon et l'Hippodrome, tels qu'ils existaient au dixième siècleChapitre 46 sur 96 · LE PALAIS DE PORPHYRE · texte numérisé non relu

LE PALAIS DE PORPHYRE

En continuant notre marche vers l'ouest, nous rencontrerons le Porphyre (n° 140), au midi du grand palais. C'était un pavillon carré dont la toiture s'élevait en forme de pyramide. Il était tourné vers la mer et vers le port du Boucoléon. Ses murs étaient entièrement revêtus d'un très-beau porphyre rouge qui avait été apporté de Rome, et le sol de ses appartements était dallé de plaques de porphyre semblable. Anne Comnène, qui nous fournit ces renseignements, pense que la couleur de ce porphyre avait fait donner à ce pavillon le nom de Porphyra1. L'auteur anonyme qui a continué l'histoire de Théophanes veut que ce nom lui soit venu de ce qu'à l'approche de l'hiver l'impératrice avait coutume d'y réunir les femmes des grands dignitaires pour leur distribuer des robes teintes en pourpre2.

Ce fut Constantin le Grand qui fit bâtir ce triclinium, et il décréta que sa descendance y recevrait le jour. Il était donc en usage que les impératrices y fissent leurs couches , et les princes qui naissaient dans ce pavillon portaient , comme Constantin VII que nous citons souvent, le nom de Porphyrogénète, non pas de ce qu'ils étaient nés dans la pourpre, mais bien dans le palais de porphyre 3.

LE PENTACOUBOUCLON.

Le Pentacoubouclon , to Il£VTaxouêouxAov (n° 141), était un vaste triclinium édifié auprès des galeries de Marcien par l'empereur Basile, qui l'avait fait merveilleusement décorer. L'auteur anonyme de la vie de Théophile lui donnait le nom de to tzI^-ktov xouëouxÀefov 4, Anne Comnène celui de IïevTopocpoç 5. Ces diverses dénominations indiquent que ce triclinium renfermait cinq appartements ou cinq corps de logis présentant cinq toitures distinctes, probablement en coupole. On y trouvait un oratoire consacré sous l'invocation de l'apôtre saint Paul : il était disposé en forme de quatre-feuilles et présentait quatre absides, ce qui lui faisait donner le nom de Tétraconque. Son pavé offrait une mosaïque de marbre dont les compartiments étaient brodés d'argent. Constantin Porphyrogénète avait enrichi le Tétraconque de figures et d'ornements exécutés en or. L'empereur Léon 911) avait fait

1 Syntagma rer. ab Alexio Com. gest., lib. VII, § 2; Paris., p. 190; Bon., p. 334.

2 Anonym., De Theoph. Midi, fil., lib. III, § 44, ap. Script, post Theoph.; Paris., p. 91; Bon., p. 147.

5 Luitprandi Anlapodosis, lib. I, § 6 et 7, ap. Peutz, Mon. Germ. hist., t. V, p. 276. 4 De Theophilo, ap. Script, post Theoph., lib. III, § 43; Paris., p. 91; Bon., p. 147.

6 Anna Comnena , De rer. ab. Alex, gest., lib. XV; Paris., p. 503.

disposer tout auprès un oratoire consacré à sainte Barbe, martyre1. C'est dans un appartement du Pentacoubouclon exposé au nord que mourut l'empereur Alexis Comnène (1118) 2.

LES GALERIES DE MARCIEN, LA CHAPELLE DE SAINT-PIERRE ET LES ORATOIRES DE SAINT-MICHEL ET DE LA MÈRE DE DIEU.

On a vu plus haut3 qu'à l'extrémité du triclinium de Justinien, il existait une terrasse élevée (n° 113) qui s'étendait jusqu'au sommet des murs de clôture du palais, et faisait face au grand côté oriental de l'Hippodrome. Cette terrasse était soutenue par des arcades. Une galerie ouverte (n° 142), qui partait de ces arcades, était appliquée contre les murs du palais et se prolongeait jusqu'à l'extrémité de la colline qui, de ce côté, était rapprochée de la mer. La partie inférieure de cette galerie, qui était au niveau du sol des jardins, s'appelait les Péridromes de Marcien. Le dessus, qui formait un passage de plain-pied avec la terrasse du triclinium de Justinien, portait le nom de Galerie extérieure de Marcien. A l'extrémité des Péridromes, on trouvait un naos édifié dans l'une des tours du mur d'enceinte. Cette chapelle (n° 143), consacrée sous le vocable de saint Pierre, avait été construite par les ordres de l'empereur Basile. Un oratoire dédié au chef de la milice céleste (n° 144) y était annexé. Au-dessus du naos existait un oratoire consacré sous le vocable de la Mère de Dieu. Cet oratoire, qui avait été décoré avec une grande magnificence, devait se trouver de plain-pied avec la galerie extérieure.

Par les galeries de Marcien, nous rentrons dans le grand palais, après avoir décrit tous les édifices et établissements qui se trouvaient répandus dans l'enceinte de la demeure impériale. Il nous reste à fournir des éclaircissements et à compléter les preuves à l'appui des dispositions que nous avons prises dans notre plan.

4 Anonym., De TheophUo, lib. III, § 43. — Constant. Porphyr., De Basil. Mac, lib. V, § 88 et 90. — Incerti contin. Constant. Porphyr. imp., lib. VI, § 21, ap. Script, post Theoph.; Paris., p. 91, 203, 206 et 280; Ron., p. 147 , 331, 335 et 450.

5 Anna Comnena, loc. cit.

» Chap. III, § vin, p. 82.

Page 1