‹ Le Palais Impérial de Constantinople et ses abords, Sainte-Sophie, le Forum Augustéon et l'Hippodrome, tels qu'ils existaient au dixième siècleChapitre 52 sur 96 · TRICLINIUM DES CANDIDATS · texte numérisé non relu

TRICLINIUM DES CANDIDATS

construction de l'hémicycle des Lyclinos. Pour l'auteur du livre des Cérémonies, les mots xapcpa et cpoupvtxcîv étaient donc synonymes. On a vu qu'en parlant de la partie voûtée qui formait l'entrée du vestibule de la Chalcé, il avait dit : xyjv xaf/.àpav xou 4>oupvixoû ', d'où l'on pourrait induire que le mot camara était plus particulièrement appliqué à l'hémicycle, et le mot phournicon à la demi-coupole qui le couvrait ; mais il est bon de retenir que notre auteur emploie indifféremment le nom de l'une ou de l'autre des deux parties qui constituent ce que nous appelons une abside pour désigner ce genre de construction.

La marche de l'empereur à travers le palais, en allant à Sainte-Sophie et en revenant de cette église, a appris qu'en pénétrant dans le palais, on passait du tribunal des Lychnos et de la galerie parallèle à cette salle (nos 25 et 26) dans le triclinium des Excubiteurs, ô xpt'xXivoç xûv Excxouê(xcov ou *EÎ;xûu6ét(*)v, xà E^xouétxa2. C'était le lieu de station des soldats de la garde prétorienne auxquels Procope donnait le nom de E^xouêtxopsç.

En continuant à s'avancer dans le palais, on passait du triclinium des Excubiteurs dans le triclinium des Candidats (n° 28), 6 xpixÀtvoç xwv KavStoàxcov 3. C'était le lieu de station des soldats de la garde impériale qui portaient ce nom *. Du triclinium des Candidats, en pénétrant plus avant, on entrait (n° 28, C) dans le grand Consistorion (n° 32), ainsi qu'on l'a vu par les citations que nous avons déjà faites5. Au midi , le triclinium des Candidats touchait à la cour nommée Exaéron (n° 37), qui servait d'atrium au grand triclinium des Dix-neuf-lits; il avait une porte de sortie sur cette cour (n° 28, B) . «Lorsque, » en revenant de Sainte-Sophie au palais, l'empereur traversait le triclinium des Can- » didats, dit le livre des Cérémonies, deux musiciens, placés sur la porte de ce triclinium » qui conduit dans l'Exaéron des Dix-neuf-lits, chantent les louanges de l'empereur, » suivant l'usage dans les jours de fête6. »

On trouvait dans le triclinium des Candidats une construction qui touchait très-probablement au mur qui séparait cette salle et le triclinium des Excubiteurs. Cette construction consistait en un dôme porté par huit colonnes (n° 28, A). Au-dessous de ce dôme s'élevait une croix d'argent merveilleusement travaillée. L'empereur, en se rendant du Palaissacré à Sainte-Sophie, et sortant du Consistorion (n° 32), « traverse le triclinium des ta Candidats et s'en va dans le dôme aux huit colonnes, iv xco ôxxax^vco (MXw, et de là traverse » le triclinium des Excubiteurs 7 » .

On a vu, par les citations que nous avons déjà faites, que le triclinium des Candidats

1 De cer. aul. Byz., lib. I, cap. i, p. 19.

2 De cer. aul. Byz., lib. I, cap. i, p. 20; lib. II, cap. xv, p. 579; lib. I, cap. ix, p. 69. — Anonïm., De Constanl. Porphyr., ap. Script, post Tlieoph., lib. VI, § 3; Paris., p. 236; Bon., p. 383.

3 De cer. aul. Byz., lib. I, cap. i, p. 11, 20 et 32.

4 De cer. aul. Byz., lib. II, cap. xv, p. 578.

5 Voyez le § i de ce chapitre, p. 108.

6 De cer. aul. Byz., lib. I, cap. i, p. 20.

7 De cer. aul. Byz., lib. I, cap. i, p. 11.

touchait du côté de l'entrée du palais à celui des Excubiteurs; du côté du Palais-sacré, et par conséquent vers l est , au grand Consistorion, et du côté du midi, à l'Exaéron du grand triclinium des Dix-neuf lits. Une longue galerie, à laquelle on donnait le nom de Macron des Candidats, 6 Màxpwv xtov KavSioàxwv (n°31), s'élevait au-devant du quatrième côté, sur la cour nommée les Courtines (n° 29) . Cette galerie , qui devait être ouverte , s'étendait au-devant des portes du Consistorion1, et se prolongeait très-probablement jusqu'à l'église du Seigneur (n° 35), qui en était voisine. Lorsque l'empereur devait recevoir le sénat et les hauts dignitaires dans le grand Consistorion, les personnes admises à la réception étaient organisées en procession dans le Macron des Candidats parle maître des cérémonies; l'empereur étant monté sur son trône, elles entraient du Macron dans le grand Consistorion, et revenaient dans le Macron après la réception2. Plusieurs portes du triclinium des Candidats s'ouvraient sur le Macron et par conséquent sur les Courtines. L'une de ces portes (n° 28, D) devait faire face à celle qui, de l'autre côté de cette cour, s'ouvrait sur l'Héliacon du triclinium de la Magnaure (n° 115). Lorsque, dans les cérémonies des noces, l'empereur, sortant de l'église Saint -Etienne, se rendait, par l'Augustéos, le grand Consistorion et le triclinium des Candidats, au grand triclinium de la Magnaure, où était disposé le lit nuptial , les chefs des factions du Cirque se tenaient dans le triclinium des Candidats, de chaque côté, près des degrés qui conduisaient à la Magnaure3.

La cour à laquelle on donnait le nom de Courtines, ou Kopxi'vai (n° 29), sans doute parce qu'elle bordait les murailles du palais sur le Forum4, commençait à l'atrium de la Chalcé (n° 20, A), et se prolongeait au-devant des salles des gardes et du Consistorion, jusqu'à l'église du Seigneur (n° 35). C'est ce qui est démontré par plusieurs passages du livre des Cérémonies. Ainsi, le jour de la fête de l'Annonciation, l'empereur, revenant de Sainte-Sophie, arrive à la Chalcé (n° 20, A) et passe par les Courtines, ùdpytica otà xwv KopTi'vcov. Dans l'atrium de la Chalcé, les gens de sa suite mettent pied à terre; «seul » restant à cheval, il va, accompagné par eux tous, depuis la Chalcé jusqu'à l'église du » Seigneur (n° 35). Le sénat, se tenant devant les trois portes du Consistorion (n° 32), » acclame l'empereur ; les patrices et les généraux l'attendent au dehors des portes de » l'église du Seigneur5. » Dans une autre circonstance, on voit l'empereur, en revenant de Sainte-Sophie, faire une réception à l'intérieur des grilles existant au-devant de la

4 De cer. aul. Byz., lib. I, cap. xlvii, p. 239.

2 De cer. aul. Byz., lib. I, cap. xlvi, p. 234 et 236.

3 De cer. aul. Byz., lib. I, cap. xxix et xli, p. 197 et 213.

4 Dans la basse grécité xop-cîva signifie vélum, rideau, portière, et murorum lorica inter duas turres, courtines, Du Cange, Glossarium. Il ne faut pas oublier que le grand palais était une place fortifiée, au dire de Luitprand et des auteurs byzantins. Les murs du palais sur le Forum, sans être flanqués de tours, pouvaient avoir certains moyens de défense et recevoir au dixième siècle le nom de courtines; la cour qui s'étendait le long de ces murs aura reçu le nom de cour des courtines, et aura été appelée par abréviation les Courtines.

5 De cer. aul. Byz., lib. I, cap. xxx, § 6, p. 1G8.

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