‹ Le Palais Impérial de Constantinople et ses abords, Sainte-Sophie, le Forum Augustéon et l'Hippodrome, tels qu'ils existaient au dixième siècleChapitre 66 sur 96 · LE SIGMA ET LE TRICONQUE; LE SIGMA INFÉRIEUR ET LE TÉTRASÉRON · texte numérisé non relu

LE SIGMA ET LE TRICONQUE; LE SIGMA INFÉRIEUR ET LE TÉTRASÉRON

Nous avons donné plus haut 4 une description complète du Sigma (n° 71) et du Triconque (n° 73), à laquelle le lecteur devra se reporter; nous n'avons maintenant qu'à la justifier.

Le Sigma, to 2i'yp.a, était un péristyle ouvert sur la Phiale; c'est ce qu'établit l'auteur de la vie de Théophile par ces mots : ô tou 2''y[j.a rapÉaruXoç 5. C'est encore cet auteur qui nous a fourni la plus grande partie des renseignements qui nous ont permis de restituer le Sigma et le Triconque. Nous continuerons de le citer : « La porte du Triconque » (il ne faut pas oublier que l'auteur fait sa description dans un sens inverse de la » nôtre) conduit au lieu appelé Sigma, à cause de sa ressemblance avec cette lettre (qui » au dixième siècle était celle de notre C). Il a une beauté égale à celle dont les murs » du Triconque resplendissent, car les murs de l'un et de l'autre sont revêtus de marbres » de différentes espèces. Le Sigma a un plafond solide et brillant, parce qu'il est soutenu » par quinze colonnes de marbre de Doximinon (ville de Phrygie) 6. » Nous avons dit que le dessus de la voûte de la Tropicé (n° 70) était de niveau avec le sol du Sigma , et

1 Voyez plus haut § iv, p. 122.

2 De cer. aul. Byz., lib. I, cap. lxvi, p. 297, et cap. lxviii, p. 309. 1 De cer. aul. Byz., lib. Il, cap. xvm, p. 602.

4 Voyez chap. III, § vm, p. 69.

6 Anonyjyi., De Theophilo, ap. Script, post Theoph., lib. III, § 43; Paris., p. 87; Bon., p. 141. 6 Anonym., De Theophilo, ap. Script, post Theoph., §42; Paris., p. 87; Bon., p. 140.

LE PROCYMMA ET LE PARACUPTTCON. 145

formait une espèce de balcon saillant sur la Phiale. L'auteur de la Vie de Théophile nous en fournit la preuve en rendant compte des fêtes qui se passaient dans la Phiale : « Sur les degrés, dit-il, tous les assistants sont debout, les officiers de service forment » le cortège impérial et laissent au milieu, c'est-à-dire sur la Tropicé de marbre dont » il est parlé, un espace où se tiennent le domestique (le chef) des Scholaires et celui

» des Excubiteurs L'empereur est spectateur de tout, assis sur un trône d'or1. » Des

vers du poëte Ignatios étaient gravés sur les murs du Sigma2. L'escalier de bois (n° 72) qui conduisait à l'étage inférieur était appelé Styrax, 2-pjpal;, et Styracion, 2Tupàxicv3. Le nom qui lui est donné et les matériaux employés pour sa construction indiquent un très-petit escalier en limaçon. Quant à la vasque (n° 71, B) qui se trouvait dans le Sigma, voici ce qu'en dit notre auteur : « Sur le flanc du Sigma, au sud-est, existent » deux têtes de lions d'airain ; l'eau qui s'échappe de leurs gueules ouvertes remplit » de ses flots toute la vasque du Sigma, ce qui ne cause pas peu de plaisir4. »

L'espèce de ciborium qui existait au milieu du Sigma (n° 71 A) et sous lequel on plaçait le trône de l'empereur, est ainsi décrit par le même auteur : ce Au-devant de » celle des portes qui est faite d'argent (la porte du milieu ouvrant sur le Triconque, » n° 71, D) s'élève une voûte, ôpocpiQ, supportée par quatre colonnes de marbre de » Thessalie, dont la couleur est verte8. » Le livre des Cérémonies, en rendant compte des fêtes du Broumalion, donne à ce ciborium le nom de Procymma, npdxu[/.[xa . Nous allons transcrire ou analyser cette partie du Cérémonial, parce qu'elle complète la description donnée par l'auteur de la Vie de Théophile et justifie d'autant plus notre plan. On a vu, par les citations précédemment faites6, que pour venir à ces fêtes, les fonctionnaires qui devaient y assister étaient arrivés dans la Phiale mystérieuse du Triconque (nos 60 et 61) soit par la porte d'ivoire et Daplmé, soit par la Thermastra. Après avoir désigné tous les dignitaires et officiers qui s'y réunissent, l'auteur du Cérémonial continue ainsi : « Ensuite le paracupticon étant relevé, toû uapax'jTrctxou » xp£fjt.a(jivou , l'empereur passe dans le milieu du Procymma, ev tû tou itpox>j(ji[jwcToç » fjti(jtp, dans cet endroit où les empereurs ont coutume de s'asseoir; » alors les maîtres, les patrices, les sénateurs et tous les officiers admis auprès de l'empereur allument des cierges et tournent en dansant autour du Sigma et en faisant retentir les chants impériaux du Broumalion. Lorsqu'ils commencent à danser et à chanter, « l'un des officiers de » l'empereur descend par les degrés dans la Phiale et y danse » . Alors tous les sus-

1 Anonym., De Theophilo, ap. Script, post Thcopli., lib. III, § 42; Paris., p. 88; Bon., p. 142.

2 Anonym., De Theophilo, ap. Script, post Theoph., § 43; Paris., p. 88; Bon., p. 143.

* Anonym., De Theophilo, ap. Script, post Theoph., % 42; Paris., p. 87; Bon., p. 140. — De cer. aul. Bjz., lib. II, cap. xvin, p. 601.

4 Anonym., De Theophilo, ap. Script, post Theoph., § 43; Paris., p. 87; Bon., p. 141.

5 Anonym., De Theophilo, ap. Script, post Theoph., § 43; Paris., p. 88; Bon., p. 142.

6 Voyez plus baut le § vu, p. 132 et 135.

nommés, après être descendus, « ayant tourné dans le péripatos de la Filiale, s'arrêtent » dans la partie la plus large et acclament l'empereur. Aussitôt, le protovestiaire de >) l'empereur descend du Sigma par le petit escalier de bois, oià tou Eu/V(vou GTupaxfou, >) avec un sac rempli d éçus, et dès qu'il est arrivé près d eux, xal tqvixoc izXrfilov aùxcov » yivTjTai, tous le saluent »; puis il distribue de L'argent. Après avoir reçu des dons, «tous les susnommés font des vœux pour l'empereur. Ensuite, ils sortent par la » Thermastra, et chacun s'en va à sa demeure1. » Ainsi l'on retrouve dans le récit du rédacteur du Cérémonial toutes les dispositions intérieures du Sigma signalées par l'auteur de la Vie de Théophile, les escaliers de marbre (n° 69) par lesquels on descendait du Sigma dans la Phiale, le petit escalier de bois (n° 72) qui conduisait au Sigma inférieur, et, sous le nom de Procymma, cette voûte portée par quatre colonnes audessous de laquelle était placé le trône de l'empereur.

Il faut nous arrêter un instant pour rechercher la signification de 7rpoxufj.fjia et de Tcapâxuircix<Jv. On a appris par les miniatures des manuscrits byzantins que le trône des empereurs d'Orient était le plus ordinairement disposé dans un édicule composé d'une estrade quadrangulaire , aux angles de laquelle s'élevaient des colonnes qui portaient une sorte de dais. Les quatre entre-colonneinents étaient garnis de rideaux; une balustrade entourait le tout. Cette construction était tantôt permanente, comme celle qu'on voyait dans le Sigma, tantôt temporaire et établie à l'occasion de certaines fêtes dans des lieux où l'empereur devait se montrer sur son trône. Elle reçoit dans le livre des Cérémonies les noms de Ciborion et de Camélaucion; dans la circonstance que nous venons de citer, l'auteur du Cérémonial l'appelle Procymma. En rapprochant la description de l'auteur de la Vie de Théophile de celle que nous donne le livre des Cérémonies, il est évident que le Procymma qui existait dans le Sigma, et où les empereurs avaient coutume de s'asseoir, n'était autre chose que cette voûte, opoepr, , portée par quatre colonnes de marbre, où l'on plaçait le trône d'or de Théophile lorsqu'il assistait du haut du Sigma aux jeux qui avaient lieu dans la Phiale. Le mot inpdxu^a ne se rencontre pas dans le glossaire de Du Cange, mais on y trouve le vocable irp&cuipiç , avec cette interprétation : « Thronus a imperatoris aliquot gradibus altius eductus et prominens (nain to<5xuittov est prominere » in glossis latinis graecis), seu in ecclesia, seu in palatio 2. » Les citations produites par Du Cange à l'appui de son interprétation sont toutes empruntées à des auteurs du quatorzième siècle et du quinzième; une seule est tirée d'un auteur du treizième. Il est donc probable qu'à partir du treizième siècle on donna le nom de TipoVjj^iç à ce qu'on appelait antérieurement up<5xu[ji.|j[,a , car ce vocable vient, comme 7cp<$xu<|/iç , du verbe Ttpoxr/rcretv, qui signifie être saillant, proéminent, élevé.

1 De cer. aul. Byz., lib. II, cap. xviii, p. 600.

1 « Trône de l'empereur établi très-haut sur des degrés et s'élevant soit dans une église, soit dans le palais, » car Tipox-j-TQv a dans les glossaires latins-grecs la signification de prominere » (être saillant, proéminent, s'élever au-dessus).

LE PARACUPTICON. M7

Lorsque l'empereur n'était pas sur le trône, les rideaux qui garnissaient les entreeolonnements étaient baissés et fermés; s'il voulait y monter, on les relevait, on les attachait ou on les suspendait aux colonnes.

Nous croyons donc que dans le passage que nous venons de citer, to TOXpaxuimx^v est le nom de ce rideau qui fermait le Procymma. Le qualificatif xpe[jt.dcf/.£vov, qui vient de y.pé{/.ajj(.ai , et signifie suspendu, attaché à, présente bien ici le sens de relevé que nous avons adopté. En effet, pour que l'empereur, qui venait du Palais-sacré, c'està-dire du Triconque (n° 73) , pût monter dans Pédicule élevé au milieu du Sigma (n° 71, A), il avait fallu relever, attacher ou suspendre aux colonnes les rideaux qui, avant son arrivée, étaient abaissés.

Nous trouvons dans le livre des Cérémonies un autre passage dans lequel le vocable 7rapaxuiraxdv est employé dans les mêmes circonstances que dans le cérémonial dont nous venons de transcrire le récit. L'empereur, devant bénir le peuple réuni dans le grand Hippodrome, sort du Chrysotriclinium (n° 95) et s'en va par le Lausiacos et le Justinianos (nns 92 et 109) sur une terrasse (n° 113) située à l'extrémité de cette galerie et du haut de laquelle on dominait le Cirque. « L'empereur s'avance, » porte le Cérémonial, et quand le cortège est au moment de franchir la porte par » laquelle on sort du Justinianos sur l'Héliacon, le cubiculaire-grand-chantre ouvre » aussitôt le paracupticon , êqpairXoî to Trapaxuiruxdv , au-devant du trône, au-dessus de

» la partie supérieure de la balustrade Puis l'empereur, se tenant debout devant

» le trône, bénit trois fois le peuple Les chefs des Cubiculaires se tiennent à droite

» et à gauche; les patrices, avec les domestiques et le Sénat, se tiennent à droite et à h gauche, près des paracupticon de la balustrade, Tzkrpiov tôv uapaxuimxcov toîJ xayxéXXou, >) ne se tournant pas vers ces paracupticon, mais se tenant de face l. » Un peu plus loin, on lit dans une circonstance semblable : « Aussitôt le cubiculaire grand-chantre » ouvre le paracupticon qui est au-dessous du dais, uiro tou xa[xeXaux(ou, devant le trône2. »

Le mot xocyxeXXoç n'est que la transcription du mot latin cancellus , qui signifie balustrade, barreaux, treillis, et qu'on employait au pluriel pour désigner la clôture qui fermait le sanctuaire dans les églises. Ce mot est évidemment appliqué dans cette occasion à la balustrade qui entourait le petit édifice provisoire élevé sur la terrasse pour y placer le trône de l'empereur, ou peut-être même à un treillis qui aurait garni les entre-colonnements latéraux du Ciborium, et sur lequel seraient tombés les rideaux. Lorsque l'empereur arrivait et se plaçait devant le trône pour bénir le peuple, il fallait bien que les rideaux qui le cachaient fussent ouverts. Cependant le verbe ecpauXdcù signifie déployer, étendre sur, plutôt qu'ouvrir; mais Reisk n'a pas hésité à traduire i^nizhol to Trapaxu-irnxo'v par tollit vélum, relève le voile; le sens indiquait

1 De cer. aul. Byz., ]ib. I, cap. lxiv, p. 285.

2 De cer. aul. Byz., lib. I, cap. lxiv, p. 291.

positivement cette version. L'usage habituel voulait que les dignitaires qui se tenaient clans les cérémonies à droite et à gauche du trône eussent la téte dirigée vers l'empereur, et par conséquent vers les rideaux qui garnissaient les entre -colonnem en ts latéraux du Ciborium. Dans la cérémonie de la bénédiction du peuple, l'empereur, voulant que les dignitaires regardent le peuple de même que lui , prescrit à ceux-ci de ne pas se tourner vers les paracupticon, mais bien de rester de front, c'est-à-dire de continuer à faire face à l'Hippodrome. Le pluriel employé là indique que le paracupticon est multiple dans le Ciborium où est placé le trône, et comme ce paracupticon est relevé, attaché ou bien ouvert lorsque l'empereur doit s'y asseoir, on ne peut trouver dans ces paracupticon autre chose que les rideaux qui garnissaient les entre-colonnements. On voit par la seconde citation qu'un paracupticon était placé au-dessous du dais qui couvrait le trône. Cette situation confirme notre interprétation.

Les Grecs du Bas-Empire avaient une grande tendance à employer, par métonymie, le nom de la partie pour exprimer le tout. Aussi l'auteur du livre des Cérémonies, après avoir donné le nom de Procymma à Pédicule élevé au milieu du Sigma, applique, dans une autre circonstance, le nom de Paracupticon à cet édieulc

On lit encore dans le cérémonial à observer le troisième jour de la fête de Pâques, lorsque l'empereur se rend à Saint-Serge pour y communier : « Après avoir prié dans » l'oratoire de la Mère-de-Dieu , qui est dans les Catéchumènes, et avoir allumé les » cierges, il sort et se place dans le paracupticon du sanctuaire, où il a coutume de » se tenir dans les fêtes et d'assister à l'office divin 2. »

Il est évident que dans ce passage le mot paracupticon est appliqué à l'ensemble de Pédicule élevé dans le Béma, où était placé le trône de l'empereur, comme à Sainte-Sophie3.

En résumé, il paraît résulter du livre des Cérémonies que les noms de Procymma et de Poulpiton appartiennent plus particulièrement à l'estrade élevée sur laquelle le trône reposait, et celui de Paracupticon aux rideaux qui fermaient les entre-colonnements; les vocables Camélaucion et Orophé sont donnés au dais qui s'élevait au-dessus du trône. Le nom de Ciborium, Kiêc&piov, est celui de l'ensemble de Pédicule où était placé le trône impérial.

Reprenons l'exposé des documents relatifs au Sigma et au Triconque.

Au fond du Sigma se trouvaient les trois portes du Palais-sacré (n° 71, D et E). Les deux colonnes qui soutenaient le mur de façade devaient s'élever à une égale distance des murs latéraux , puisqu'elles avaient motivé trois ouvertures. Par ces portes, on entrait dans le Triconque, o Tpt'xoy/oç, premier triclinium ou vestibule du Palais-sacré. Voici la description qu'en donne l'auteur de la Vie de Théophile : « Le

1 De cer. aul. Byz., lib. I, cap. xlvii, p. 242.

2 De cer. mil. Byz., lib. I, cap. xn, p. 88.

» Du Cange, Consl. Christ., lib. III, § 42, p. 36.

LE TRICONQUE. U9

» Triconque, à la voûte dorée, qui avoisine le Carien, doit son nom à sa forme, car » il se termine en haut par trois conques, xptcri xoy/aiç, l une qui regarde l'orient et » qui s'appuie sur quatre colonnes romaines (de marbre romain) , et deux qui vont » obliquement vers le nord et vers le midi. La partie du bâtiment tournée vers le » couchant est supportée par deux colonnes et donne entrée par trois portes, celle du » milieu faite d'argent, les deux autres, à droite et à gauche, d'airain chargé d'ornements ;

» la sortie conduit au Sigma 1 »

Le livre des Cérémonies complète cette description et nous apprend que le Triconque était un hémicycle dont le contour était pénétré par trois absides. C'était une reproduction en petit de la grande demi-coupole orientale de Sainte- Sophie. L'abside du milieu était garnie de gradins; des portes devaient s'ouvrir dans les deux autres pour donner accès dans les galeries du Triconque; une petite porte (n° 73, A) faisait communiquer l'hémicycle avec la galerie des Quarante-Saints (n° 80). Ainsi « le palais étant » ouvert, tous les officiers du palais entrent dans la galerie des Quarante-Saints pour y » recevoir l'empereur. Les patrices, les généraux et les domestiques (les chefs des cohortes » prétoriennes) restent, suivant l'usage, dans l'hémicycle du Triconque, èv tû r^.iy.u/Jdio » toO Tpwoyyou 2 » .

En revenant de la ville par la Chalcé et l'église du Seigaeur (nos 20 et 35), l'empereur, rentrant dans le Palais-sacré, « entre dans l'hémicycle du Triconque, et passant par la i) galerie des Quarante-Saints, il entre dans le Chrysotriclinium (n° 95) 3 » . L'empereur, revenant de l'Hippodrome par l'Augustéos et l'Abside (nos 48 et 60) , « passe par » l'hémicycle du Triconque, la porte polie à un seul battant et la galerie des Quarante- » Saints, et entre dans le Chrysotriclinium4».

Pour terminer, nous allons analyser le cérémonial prescrit à l'occasion d'une réception que faisait l'empereur dans la Phiale mystérieuse du Triconque ; il confirmera les renseignements que nous avons déjà obtenus sur le Triconque, le Sigma et la Phiale.

Tous ceux qui doivent être admis à l'audience de l'empereur étant réunis dans la Phiale (n° 61), le Préposé en prévient l'empereur. « Les patrices et tous les chefs barbus » (qui se trouvaient auprès de l'empereur) passent par le Lausiacos (n° 92) et les degrés » qui sont là (n° 76), par la porte à un battant qui est dans le Trésor privé (n° 75), et » ils vont dans l'hémicycle de la Phiale mystérieuse du Triconque. Tous se tenant là » pour attendre l'empereur devant la chapelle Saint- Jean, l'empereur, accompagné » du corps des Cubiculaires, passe par la galerie des Quarante-Saints, en sort par

1 Anonym., De Tlieoph'do, ap. Script, post Theopli., lib. III, § 42; Paris., p. 86; Bon., p. 140. Il ne faut pas oublier que le rédacteur du Cérémonial prend son point de départ du Lausiacos (n° 92), et fait la description comme s'il sortait du Palais-sacré.

2 De cer. aul. Byz., lib. I, cap. x, p. 72.

3 De cer. aul. Byz., lib. I, cap. x, p. 84, et cap. xvn, p. 107.

« De cer. aul. Byz., lib. I, cap. lxviii, p. 310; lib. II, cap. x, p. 545, et cap. xv, p. 5G7.

» la petite porte brillante de l'hémicycle, Sià tou yavorcoû [AovoOupou tou r^v/.uv.'kiou (n°73, A), » et entre dans le Triconque. Ensuite, le Préposé appelle les valets de chambre, qui » revêtent l'empereur de la chlamyde; puis ils sortent tons. Alors, l'empereur est

» couronné par le Préposé en présence du corps des Cubieulaires qui est là Les chefs

» des Cubieulaires se tiennent de chaque côté; les Spatharocubiculaires 1 et les Cubi- )> culaires se tiennent derrière ceux-ci dans l'abside du haut, iv t7\ xc$yyY] àvcoOsv, sur les

» degrés » Quand l'empereur est couronné et que tous ses officiers sont derrière

lui , on introduit dans le Triconque les patrices et les généraux et quelques hauts fonctionnaires; tous se prosternent devant l'empereur. « Ensuite ceux-ci s'avancent en dehors » des portes d'argent (n° 71, I)), vers l'endroit où est placé le trône (n° 71, A), et se » tiennent là. L'empereur sort par la porte d'argent, et tous l'adorent. » L'empereur, s'étant assis sur le trône, bénit les assistants. Après la cérémonie, il rentre dans le Triconque, où il quitte la chlamyde et la couronne, puis il s'en va par la même galerie des Ouarante-Saints dans le Chrysotriclinium \

Ce récit de l'auteur du Cérémonial justifie pleinement toutes les dispositions du plan de la Phiale, du Sigma et du Triconque. On y retrouve la porte d'argent par laquelle l'empereur sort du Triconque dans le Sigma. Le ciborium où est placé le trône est en dehors de cette porte et par conséquent dans le Sigma. On voit que l'abside d'en haut, c'est-à-dire l'abside orientale, qui s'avance le plus dans l'intérieur du Palais-sacré, est garnie de gradins sur lesquels se tiennent les Cubieulaires derrière l'empereur, pendant qu'il admet auprès de lui les plus hauts dignitaires, avant la réception générale. 11 résulte de là que les portes qui servaient de communication entre le Triconque et ses galeries (n° 74) pour aller au Lausiacos (n° 92) étaient ouvertes dans les deux absides latérales, comme nous l'avons indiqué sur notre plan. La communication du Triconque avec la galerie des Quarante-Saints par une porte à un seul battant qui s'ouvrait sur l'hémicycle, est également justifiée.

Occupons-nous maintenant de l'étage de rez-de-chaussée qui existait au-dessous du Sigma et du Triconque. Du moment que, du sol de la Phiale (n° 61), on montait des escaliers pour arriver au Sigma, l'étage existant au-dessous de ce péristyle devait être de plain-pied avec la Phiale; on y entrait en effet par le petit porche, y) xpoitixiq, qui existait entre les deux escaliers. Nous avons vu plus haut qu'on pouvait descendre du Sigma dans cette pièce de rez-de-chaussée par un petit escalier de bois nommé Styrax ou Styracion. Voici maintenant les renseignements que nous fournit l'auteur de la Vie de Théophile sur le Sigma inférieur et la pièce qui existait au-dessous du Triconque 3. « Quand on descend à l'étage inférieur (du Sigma) par le Styrax, on voit qu'il a une

1 Les Cubieulaires militaires, gardes de la chambre impériale.

2 De cer. aul. Byz., lib. I, cap. lxvi, p. 297 et seq.

5 Voyez la description que nous en avons donnée plus haut, chap. III, § VIII, p. 70.

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