LE TRIGLINIUM DE LA MAGNA.URE
» grand triclinium, est placé un siège d'or au-dessous de l'abside latérale, xàxcoQev Tïjç -rcXa- » y l'a; xafxapaç « (qui est),)) à droite vers l'orient; l'empereur s'y assied jusqu'à ce que )> tout ait été disposé convenablement par le Préposé. Quand l'empereur est assis, le )) Préposé sort avec le maître des cérémonies afin d'organiser les différents corps « (qui )) sont réunis au bas des degrés de la Magnaure) » et tout ce qui se rapporte à la céré- )) monie. En haut des marches1, et jusqu'à la dernière, un tapis est étendu, sur » lequel se tient l'empereur. D'un côté et de l'autre, c'est-à-dire à droite et à gauche )) des marches , depuis la première jusqu'à la dernière , se tiennent les secrétaires et les )) notaires qui doivent recueillir les paroles de l'empereur. Sur la première marche, )) à droite vers l'orient, le Logothète, le premier secrétaire et le premier notaire. Il faut )) savoir que lorsque l'empereur est assis, tous les Cubiculaires, les Maglabites, les )) gens de l'Hétairie et ceux du Chrysotriclinium, sont placés auprès de lui. Tout » étant bien disposé, le Préposé entre 2 et se prosterne en inclinant la tète et en soutenant » légèrement de ses mains son sagion. Ensuite l'empereur se lève, et sortant en dehors de la )> balustrade « (qui devait se trouver en avant du trône) , » se tient en haut de la première )) marche, où le tapis est étendu, et aussitôt, sur un signe du Préposé, l'assemblée )) tout entière, oroxç ô \<x.6ç 3, s'écrie : Polychronion. Le silence s'étant rétabli, l'empe- » reur commence à parler. Il faut savoir que quand l'empereur s'arrête ou termine son » discours, l'assemblée, sur un signe du Préposé, s'écrie : Que Dieu accorde une » longue vie à notre empereur4! Cela étant achevé, l'empereur donne trois fois sa )) bénédiction à l'assemblée, au milieu, à droite et à gauche. Ensuite il revient s'as- )) seoir sur le siège d'or où il était d'abord ; alors les gens de l'Arithmos commencent à » dire les louanges de l'empereur. Le Préposé, sortant de la salle, organise tout con- )) venablement. En effet, les maîtres, les patrices et les sénateurs s'arrêtent 5 dans le » portique latéral, Sià tou -rrXayfou i\xfjoko\> , vers le couchant, du côté gauche, en atten- » dant l'arrivée de l'empereur. Tout étant bien disposé, le Préposé rentre, se prosterne » de la même manière que ci-dessus, et prévient l'empereur que tout est prêt. Alors )) l'empereur se lève, passe par le côté gauche des degrés et par le portique où se )) tiennent les maîtres, les patrices et les sénateurs, et il soit par les portes qui con- » duisent vers le triclinium des Candidats; oià tyjç eHayoucr/jç tojXyjç dç xov xpkcAivov xûv )) Kavoioàrcov (n° 33), et, de là, il traverse les Excubiteurs, les Scholaires et le Chytos
1 Les marches de l'estrade où est placé le trône.
2 Suivi bien certainement, quoique le texte ne le dise pas, des différents ordres de dignitaires et de fonctionnaires qu'il était allé organiser au dehors.
3 Le livre des Cérémonies se sert souvent du mot Aaôç, peuple, foule, multitude, pour désigner la réunion des plus hauts dignitaires et fonctionnaires de l'État admis devant l'empereur. Ces mots onraç 6 Xaoç ne peuvent pas se traduire dans ces circonstances par « omnis populus » comme l'a fait Reisk.
4 C'est cette formule d'acclamation que l'on appelait Polychronion. 6 Qui sont évidemment sortis également de la salle.
» de la Chalcé (nos 27, 23 et 20, b), et s'en va jusqu'au Puits-sacré (n° 1, L) » Avant de tirer de cette partie du Cérémonial des conséquences à l'appui de notre plan , nous devons faire remarquer que le Cérémonial est écrit par un empereur, et qu'en arrivant au triclinium de la Magnaure par l'Eglise du Seigneur (n° 35), l'impérial auteur qui parle de lui-même entre par une porte particulière placée sur le flanc méridional de l'édifice, et non par le portique principal. Aussi quand il s'occupe de ce qui est à droite en entrant, c'est de sa droite à lui qu'il veut parler, et les mots ; vers l'orient, qu'il ajoute, ne laissent aucun doute à cet égard. Pour l'auteur, le grand portique était à gaucho.
Apprécions maintenant les renseignements que nous donne le Cérémonial. La marche suivie par l'empereur fait connaître d'abord avec certitude la situation du triclinium de la Magnaure relativement au grand palais. On voit ensuite qu'au delà de l'Eglise du Seigneur (n° 35), qui s'élevait au bout des Courtines (n° 29, B), il existait un Héliacon (n° 115) qui séparait cette église de la Magnaure et isolait ce triclinium. En y entrant de ce côté (n° 116, A), c'est-à-dire par le flanc méridional, on trouvait à droite, vers l'orient, une abside (n° 116, C) au-dessous de laquelle le troue était placé. Des marches se déployaient au-devant du trône. Le sol de l'abside était donc élevé au-dessus du sol de la salle. Un autre passage du livre des Cérémonies nous apprend que les degrés par lesquels on montait vers le trône étaient de marbre vert2. Le grand portique était tourné vers le couchant, du côté gauche, dit l'auteur du Cérémonial, qui prend ses points de direction de la porte méridionale par laquelle il est entré. Bien que le Cérémonial ne le dise pas positivement , on voit que les personnes qui allaient être admises devant l'empereur étaient réunies sous le portique occidental avant son arrivée 3, et, en effet, c'est seulement quand l'empereur est assis sur son trône que le Préposé sort de la salle pour organiser les différents ordres des dignitaires qui vont être admis ; or le texte dit qu'ils s'étaient arrêtés au bas des degrés de la Magnaure: on voit par là que pour arriver du portique dans la grande salle on montait plusieurs marches. Un autre passage du livre des Cérémonies qui donne des détails sur la réception des ambassadeurs sarrasins dans la Magnaure, parle également de ces degrés : « Vers l'occident, dans la réunion des ) deux portières et en dehors, se tenait, à droite, en haut des degrés du grand triclinium » de la Magnaure, le maître de la grande Hétairie.., et de chaque côté de ces degrés, en » dehors des portières, deux Protoélates portant les étendards d'or de l'empereur, et » ensuite après ceux-ci 4 »
Ainsi le grand triclinium de la Magnaure avait son portique principal (n°l 16, B) à l'occi-
1 De cer. nul. Byz., lib. II, cap. x, p. 545.
2 De cer. aul. liyz., lib. I, cap. xxvit, p. 155.
3 Voyez le cérémonial que nous transcrivons à la page suivante. • De cer. aul. Byz., lib. II, cap. xv, p. 576.