‹ Le Palais-Royal d'après des documents inéditsChapitre 127 sur 301 · Voyez notamment l 'Étal de lu France , année · texte numérisé non relu

Voyez notamment l 'Étal de lu France , année

3 2 1\ ' LE PALAlS-ItOYAL

Françoise de Bourbon, touchait personnellement chaque année 45o,ooo livres, se décomposant ainsi : 100,000 livres pour les intérêts de la somme de deux millions que lui avait constitués comme dot Louis XIV; i5o,ooo livres pour la rente également constituée par le roi à son contrat de mariage; 200,000 livres pour la rente ajoutée ensuite par le roi. De son côté, la princesse Palatine, mère du duc, avait, du vivant de son époux, 260,000 livres de revenu. En 1701, Louis XIV y ajouta 4o,ooo livres, en s’excusant du peu, et, plus tard, son fils augmenta cette pension de i5o,ooo livres, ce qui n’empêche pas Madame, dans toute sa Correspondance, de se lamenter sur sa misère, sur l’impossibilité où on la met de tenir honorablement son rang, quelque économie qu’elle lasse: «Je n’ai que 456, 000 livres de pension,» dit-elle le 23 septembre 1719, «et, si Dieu veut, je ne laisserai pas un liard de dettes1.» Et, de fait, de tous les siens, c’est la seule dont la succession n’ait pas été obérée, comme je le montrerai plus loin. Elisabeth-Charlotte était une femme d’ordre.

La duchesse d’Orléans avait sa « maison » distincte de celle de son mari, son conseil, ses écuyers, scs écuries, son service de la bouche, son trésorier, ses serviteurs. De même, la douairière, la Palatine. Au Palais -Royal, bien des choses étaient en commun, meubles, tapisseries, tableaux, etc., dont les inventaires après décès donnent le classement, indiquent la valeur, et qu’on était obligé de vendre aux enchères pour le partage des successions. Par exemple, Madame laissa pour 184,9V 4 livres de meubles dont la prisée fut faite, et pour 1 99,270 livres dont la prisée ne fut pas faite, car ils restèrent à son fils. Quand le Régent, à son tour, mourut, ou dut vendre aux enchères2, à cause de la division de l’héritage entre sa femme et ses enfants, deux lots de meubles, l’un de 290,964 livres (la prisée n’en avait été que de 191,960 livres), l’autre de 617,762 livres. Le reste revint à sa femme et à son fils, qui, d’ailleurs, avaient préalablement choisi ceux qu’ils tenaient à garder. Enfin, lorsque décéda la femme du Régent, en 1749, une partie du magnifique mobilier du Palais- Royal dut encore une fois être dispersée à l’encan.

On devine que l’existence de tant de gens entassés dans le palais n’allait pas sans quelques tiraillements. Les serviteurs et courtisans épousaient les querelles de leurs maîtres, et cela faisait autant de clans opposés. La duchesse douairière n’aimait pas sa belle-fille et se souvenait toujours de l’affront et de la colère qu’elle avait éprouvés lors de son mariage. Après vingt-six ans écoulés, elle gardait sa rancune. 11 faut lire dans les nombreuses lettres qu'elle écrivait

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