Archives nationales, Ri
LE PALAIS-ROYAL SOUS LA REGENCE
bien l’administration de ses finances qu’à partir de ce moment ses recettes furent constamment supérieures à ses dépenses.
Ce n’est pas cependant qu’elle économisât sur les frais de personnel, car sa maison ne comprenait pas moins de cent trente-deux serviteurs, et l’état des gages annuel qu’elle payait montait régulièrement à 94,640 livres. Dans ce nombre, figurent: son premier aumônier, l’abbé Castel, avec 3, 000 livres de gages; son confesseur, Etienne Degascq, remplacé en 1709 par le R. P. de Lignières (1,280 livres); un second aumônier servant par quartier, deux chapelains, l’aumônier du commun, les clercs et le sommier de la chapelle, le confesseur du commun. Puis venait le service de la chambre, avec la dame d’honneur, la duchesse de Ventadour, remplacée ensuite par la duchesse de Brancas (avec 8,000 livres d’appointements); les dames d’atour, Mme de Chasteautier et la marquise de Chàtillon (6,000 livres); trois demoiselles d’honneur, dont Marie -Louise-Victorine de Séry (la maîtresse du duc d’Orléans), avec chacune i5o livres, et leur gouvernante (800 livres); seize femmes de chambre (100 livres), quatre filles pour servir les demoiselles d’honneur (80 livres), quatre huissiers clc chambre et de cabinet (200 livres), quatre valets de chambre (200 livres), trois garçons de la chambre (100 livres). Un autre service comprenait: le premier médecin, Arlot (6,000 livres); un médecin ordinaire, un apothicaire (1 ,5oo livres); le chirurgien du corps de Son Altesse Royale, François Carèze (1,800 livres); le chirurgien du commun (i5o livres), deux valets de garde-robe (100 livres), deux tailleurs (60 livres), le portemanteau (600 livres), la 1 ingère, etc. Outre leurs appointements, ceux qui avaient l’honneur d’être préposés à la santé de Son Altesse Royale touchaient des vacations quand on réclamait leurs soins. Je trouve, par exemple, dans les comptes de l’année 1702, que l’apothicaire reçoit 2,5oo livres pour les drogues et médicaments fournis durant les six derniers mois de l’année. Le dentiste Forgerou, 5oo livres annuellement pour «entretenir les dents de Son Altesse Royale». Le médecin Raymond d’ Arlot reçoit 4oo livres «pour f indemniser du bouillon qui (levai/ être donné à Madame».
Le service d’honneur était dirigé par le marquis de la Rougère, remplacé en 1709 par le marquis de Solière (6,000 livres île gages), ayant sous ses ordres : cinq gentilshommes (i5o livres) et deux huissiers de salle (60 livres). Le service de la bouche était le plus chargé. A part les rp5oo à 10,000 livres auxquelles montait chaque mois à peu près régulièrement la dépense de la table de Madame, il y avait, comme frais de personnel, outre le premier maître d’hôtel, Ph. de Collins (4, 000 livres), le maître d hôtel ordinaire, J» de Chaneil (i,5oo livres), et deux autres (1,000 livres); le chef de la panneterie (4oo livres), et deux aides (100 livres), un sommier pour la