LÉ P A L A I S - É O Y A L
lanternerie (3oo livres), un chef d’échansonnerie (200 livres), et trois aides (100 livres); enfin le sommier de l’échansonnerie (3oo livres). Pour la cuisine, il y avait deux «écuyers de la bouche» de Son Altesse Royale (200 livres), et leurs deux aides (100 livres), huit porteurs, huissiers, enfants (on ne disait plus galopins, comme du temps d’Anne d’Autriche) ; deux gardevaisselle, un sommier du garde-manger, deux sommiers des broches (chacun 3oo livres), verdurier (Go livres), deux perdeaux (100 livres), un chef de fruiterie (200 livres), son aide (100 livres), et le sommier de fruiterie (3oo livres). Tout cela, sans compter le service de l’administration : le secrétaire des commandements, Jean Dusour, remplacé par J. -B. Voille (4, 200 livres), le contrôleur général (le l’écurie (1,000 livres), le trésorier général (3, 000 livres), le contrôleur de l’office (Goo livres); ni les petits emplois tels que ceux de porte-tables et chaises (il y eu a deux à 200 livres), le maréchal et les valets des filles (60 livres), le garde-meubles (100 livres), le tapissier (120 livres), le faloticr (4o livres), les deux portefaix de la chambre (3o livres), et, enfin, la charge délicate du porte-chaise d'affaires, tenue longtemps par le fidèle Jacques Gauthier, qui était en même temps le « porte-manteau » dans les grandes cérémonies, et touchait, outre ses 800 livres de gages pour ce cumul, la somme de 3o livres, tous les six mois, «pour les fournitures ordinaires» afférentes a son service.
L’écurie de Madame était dirigée par le comte de Mortaigne, qui avait de ce chef G, 000 livres d’appointements, et 11e coûtait pas moins de 67,000 livres par an. Elle comprenait quarante -quatre chevaux (ou calculait alors 45o livres de dépense annuelle pour la nourriture d’un cheval), avec le personnel varié de cochers pour le premier, le deuxième et le troisième carrosse, les piqueurs, les valets de fourrière, les bourreliers, etc. Cette écurie était installée non au Palais-Royal, mais rue Saint-Thomas-du-Louvre, qui lui faisait face, dans le grand hôtel de Longueville, que la duchesse douairière louait pour la somme de ii,i85 livres, et qu’elle avait à bail. C’était une vieille habitation, qui avait sou histoire. Elle avait appartenu autrefois au duc de La Vieuville, qui la vendit en 1620 au duc de Luyncs, lequel l’embellit fort. Sous la Fronde, la duchesse de Chevreuse y tint ses anodines séances de conspiration. Puis elle passa au duc d’Epernon, servit de demeure aux cardinaux de Janson, de Polignac, et fit retour a la maison de Luynes. Quand la duchesse douairière d’Orléans mourut, il restait encore près de deux ans de bail pour l’hôtel de Longueville. Le Régent en concéda la jouissance à M. de Simiane, premier gentilhomme de sa chambre, moyennant un modeste loyer de 8,000 livres1.
1. Archives nationales, Comptes de succession du Régent, K 4, 1066.
LE PALAIS-ROYAL SOUS LA REGENCE
Peint par Paul Véronèse Gravé par J. Couché