‹ Le Palais-Royal d'après des documents inéditsChapitre 135 sur 301 · Gazette de 1 683, p · texte numérisé non relu

Gazette de 1 683, p

LE PALAIS-ROYAL SOUS LA REGENCE

Estampes et qui la représente en habits de deuil1. Néanmoins, la princesse eut une toilette appropriée à la circonstance, comme en témoigne cet autre extrait de ses comptes :

Toilette pour le deuil de Monsieur.

A Claude Lamy, marchand pelletier, pour la fourniture de la chamarrure d'hermine pour une garde-robe de deuil, corps de robe et jupe, pour le service de S. À. R., 2,5oo livres. — Au sieur Boucher, marchand drapier, pour fournitures extraordinaires pour le deuil, 2,290 livres. — Au même, p36 livres. — Au sieur Franc Dufour, marchand bonnetier, pour sa fourniture extraordinaire, 266 livres. — A Antoine de La Roüe, pour fournitures extraordinaires pour la toilette de Madame, à cause du deuil de Monsieur, 294 livres. — A damoiselle Claude Cordier, femme Gaucher, marchande lingère, pour façons extraordinaires et menues fournitures de linge par elle faite pour le deuil de Monsieur, 1,27g livres- — -N Louis Hatanville, marchand de rubans, pour fourniture extraordinaire de rubans et crêpes, 1,200 livres. — A Catherine Chevalier, pour coeffures de deuil, 280 livres. — Aux sieurs Perrichon et Pierre Foin, pour paiement des étoffes d'or et d'argent, 1,000 livres. — A Pierre Loupin, pour fourniture extraordinaire d'épingles pour le service de S. A. R., 29.3 livres. — Au sieur Fannion, brodeur du roy, pour avoir brodé un bonnet de crêpe noir pour un de ses laquais, 1 1 3 livres. — A J. Lemoyne, pour la peinture des caissons des carrosses, 342 livres. - — • A la demoiselle Lemoyne pour raccommodage et entretien de la collerette de Madame, 348 livres. — A la même, pour fourniture, 5oo livres. — A dame Jeanne Pelet, pour le linge fourni pour le deuil de S. A. R., 5,68o livres. — A la même, 378 livres. — A Catherine Chevalier, pour marchandise de deuil par elle fournie à la demande de la dame de Chatillon, i,i4o livres.

11 faut reconnaître, au surplus, que ce n’était pas en dépenses de toilette personnelle que la duchesse, en temps ordinaire, prodiguait scs revenus. Point coquette, elle n’aimait guère les colifichets. Son valet de garde-robe et tailleur ordinaire, J. -B. Francini, n’avait guère, avec elle, de besogne. Cependant, onia voit assez fréquemment acheter des étoffes d’or et d’argent pour 5, 000 et 6,000 livres. Quoique détestant les parfums, qu’aimait tant Monsieur, les factures annuelles du parfumeur Serrigon montent régulièrement a 4oo ou 5oo livres. Parmi les menues dépenses qui reviennent chaque année, il en est une dont la répétition jusqu’à la mort de la princesse est constante. Elle apparaît sous cette forme : « A Nicollas Yallaron, pour avoir montré à jouer la guitare à Son Altesse Royale, 5oo livres; » et à cet article vient toujours s’ajouter cet autre : « A Jean Hurel, pour l’entretien de la guitare, 120 livres. » La princesse Palatine jouait donc de la guitare! Le fait mérite d’autant plus d’être constaté que, dans ses Lettres, où elle est si prodigue de détails sur I ou I ce qui l’entoure, elle n’en parle jamais.

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