Correspondance de Madame, t. II, p
2. CI'. Estât des pierreries de Son A. It. M‘l,e la duchesse de Chartres fait le 4 février 1697. Archives nationales, K, 553, n° 19.
3. Etat de la communauté de Ph ■ d’Orléans avec son épouse. Archives nationales, R4, 1066.
Le palais-royal sous la regencë
aménagées pour Mmos des Forces, de Chàtillon, de Conflans, de Ne vers, de Tonnerre, de Clermont, des Aubiez, etc. Le nombre des serviteurs qui y étaient logés était très élevé'. Naturellement, les brodeuses avaient aussi à Bagnolet leur installation, qui était tout à fait confortable.
Au Palais-Royal, les appartements de la duchesse d’Orléans, admirablement meublés et très vastes, avaient été disposés dans l’endroit le plus calme, au rez-de-chaussée de la galerie de l’aile gauche faisant face à la galerie neuve construite, en 1G92, sur la rue Richelieu. Ils donnaient de plain-pied sur le petit jardin intérieur qu’on appelait «le jardin des Princes» et qui était soigneusement entretenu, ayant au milieu un bassin dont l’eau jaillissante répandait de la fraîcheur2. Quand on avait franchi une grande antichambre et un salon où l’on remarquait, outre les trumeaux de glaces, quatre beaux panneaux de bronze doré, d’or moulu, figurant des dragons et des oiseaux en relief, on pénétrait, par un cabinet encombré de porcelaines de la Chine et de curiosités diverses, dans la chambre à coucher. De là on passait dans une pièce, qui était désignée sous le nom de «chambre à niche», où la duchesse avait fait placer un lit de repos, et qui était son petit salon de réception. Puis venait une assez longue galerie pleine d’objets précieux, tables, cabinets, porcelaines, tableaux, etc. A côté se trouvaient les petits appartements de la duchesse, comprenant un salon, une autre chambre à niche, un oratoire, un garde-meuble et diverses dépendances pour les femmes de chambre.
Pour décrire en détail uniquement ces appartements, un volume entier serait nécessaire. Je me bornerai donc à un rapide résumé d’après Y Inventaire dressé en 1723, qui permet, quand on l’étudie avec attention, de reconstituer dans leur merveilleux ensemble les diverses parties du Palais-Royal à cette époque. Une remarque s’impose tout d’abord : c’est que les pièces de l’appariement de Mm0 d’Orléans étaient dépourvues de ces tentures de tapisseries qui ornaient jadis en si grand nombre le Palais; apparemment, la princesse 11e les aimait pas. Ici, on ne voit que boiseries sculptées et trumeaux de glaces dans leurs cadres finement dorés et ornés. II faut noter également (pic toutes les cheminées, surmontées de glaces superposées, aussi hautes qu’on savait les fabriquer alors (il y en avait de soixante-cinq à quatrevingt-cinq pouces de haut sur quarante à cinquante pouces de large), étaient décorées de beaux chenets en bronze, oeuvres d’art dont l’inventaire ne désigne
1. Inventaire des meubles du Régent. Archives nationales, X'a, 9162.
2. Ces appartements, que la duchesse d’Orlcans n’habita qu’à partir de l’année 1712, lorsqu’elle quitta ceux qu’elle occupait auparavant dans une autre partie du Palais-ïtoyal, avaient été affectés précédemment à M,ne de Chàtillon, une des dames d’honneur, qui y avait fait, à ses frais, de grands embellissements. Pour indemniser celle-ci, on lui constitua une rente viagère de 12,000 livres qui lui fui payée jusqu’à sa mort, en 1735.
point l'auteur malheureusement, mais qui évoquent tout de suite les noms de maîtres comme Caffieri. Parmi ces garnitures de foyer, je citerai les suivantes :
Dans la chambre à coucher de la duchesse : Une grille de feu garnie de deux piédestaux sur lesquels sont deux figures, l'une représentant Y Air et l'autre le Feu, le tout de bronze doré d'or moulu, avec une pelle et tenaille de fer poli, garnies de leurs boutons de bronze doré d'or moulu; prisées la somme de 200 livres.
Dans la chambre à niche : Une grille de feu, de fer, ornée de piédestaux sur chacun desquels sont deux figures représentantes les Eléments avec leurs attributs, le tout de bronze doré d'or moulu, une pelle, une pincette el tenailles de fer poli, garnies de leurs boutons aussi de bronze d’or moulu; prisée 35o livres.
Dans le cabinet après la chambre ci niche : Une grille de feu ornée de piédestaux sur lesquels est un petit groupe de deux figures chacun, le tout de bronze doré d'or moulu, avec pelle, pincettes et tenailles de fer poli, ornées de leurs boulons de bronze doré d'or moulu; prisée 120 livres.
Dans la galerie : Deux petites grilles de fer garnies chacune de deux piédestaux sur chacun desquels est un petit dragon, le tout de bronze doré d’or moulu avec une pincette cl tenailles de fer poli, garnies de leurs boutons de bronze doré d’or moulu; prisées ensemble i5o livres. — Sur les deux cheminées, quatre bras à deux branches, chacun de bronze doré d’or moulu; prisez 100 livres.
Dans le sallon des petits appartements de la duchesse : Une grille de feu ornée de deux piédestaux sur chacun desquels est une petite figure couchée représentante des Fleuves, le tout de bronze doré d'or moulu, une pelle et une pincette de fer poli, ornées de leurs boutons de bronze doré d'or moulu; prisée 100 livres. — Item, quatre bras à une branche chacun, de bronze doré d'or moulu; prisez ensemble 100 livres.
Dans la chambre à niche des petits appariements : Une grille de feu garnie de deux piédestaux sur chacun desquels esl posé un petit groupe de trois petits enfants dont un sur un bouc, le tout de bronze doré d'or moulu, avec une pelle de fer poli, garnie rie son bouton de bronze aussi doré d'or moulu; prisée 1G0 livres.
Les meubles étaient du plus liant, prix. Les étoffes brodées qui les recouvraient étaient si délicates qu’on les enveloppait dans des housses et qu’on les déposait dans le garde-meuble spécial de la duchesse, lorsqu’elle ne séjournait pas au Palais-Royal. Dans sa chambre, tendue de satin blanc brodé d’or, était un grand lit à l’impériale de six pieds et demi de long sur cinq pieds de large, dans un enfoncement formant alcôve, encadré par une étoffe de satin blanc, à broderie d’or, de soie et de chenille, avec fond à l’impériale, pentes et soubassement de même tissu. Il était accompagné d’un paravent à six feuilles, également de salin blanc, axec pareille broderie que le lit. Toute cette garniture et les quatre rideaux des fenêtres étaient estimés, dans l’inventaire, au prix de 5,4oo livres. Les tabourets, les chaises, les fauteuils de commodité, à pieds de biche en bois doré, étaient couverts de tapisserie au petit point, à fond blanc, ornements de fleurs rouges et vertes. Dans un coin de la chambre se trouvait le
J, E PALAIS-ROYAL SOUS LA REGENCE
fameux lit de repos qu’aimait si fort la duchesse : il n’avait pas moins de six pieds et demi de long, sur trois pieds et demi de large, et était en bois doré chantourné. Le moelleux matelas qu’on mettait dessus était aussi de satin blanc,
Peint par André del Sarte Gravé par Trière