Correspondance de Madame, édit. Brunet, l. II, p
T. I. LE PALAIS — ROYAL
LE PA LAI S -ROYAL
En tout cas, nous les connaissons par les gravures de Benoît Yudran qui en ont été publiées en 1718, avec la traduction par Amvot du célèbre roman de Longus, sous le titre suivant : Les Amours pastorales de Daphnis et Chloé, avec les figures peintes par le duc d'Orléans, Régent, gravées par B. Audran (. Imprimerie royale). C’est un joli volume in- 12. L’intention du prince était que ce livre fût tiré à petit nombre; mais, comme l’a dit Cb. Nodier, «on sait comment les grands seigneurs suivent la volonté des princes et comment les imprimeurs exécutent les ordres des grands seigneurs qui font imprimer. C’est un volume assez commun.» Cependant, 011 trouve dans l’exemplaire qui est au Cabinet des Estampes de la Bibliothèque nationale1, à la dernière page, une note manuscrite qui semble émaner d’un des personnages de l’entourage du duc d’Orléans à qui il dut être offert, et dans laquelle on lit ces mots: «Edition magnifique. Il n’y en a eu que 200 exemplaires tirés.» En 1745, on en fit paraître une seconde édition, qui contient une gravure de plus, intitulée Conclusion du roman. C’est le vingt-neuvième sujet des peintures signalées dans les inventaires de Bagnolet. Les autres planches sont retouchées; elles continuent, comme dans la première édition, à porter au bas le nom du duc d’Orléans à gauche, et à droite celui du graveur B. Audran. En 1829, à la vente des livres du bibliophile M. de Pixérécourt, il s’est trouvé (n° 1171) un exemplaire renfermant un dessin à la plume de la main du duc d’Orléans et un feuillet autographe contenant le premier projet des gravures qu’il avait l’intention d’ajouter à cette édition. Ce précieux exemplaire fut adjugé au prix de 202 francs seulement. Quoi qu’il en soit, on peut dire que les tableaux du duc d’Orléans sur Daphnis et Chloé n’avaient pas le piment qu’on pourrait croire. Michelet les signale en disant: «ce monument de volupté...» Il n’y a dans les gravures lien de voluptueux. Quant aux peintures, ou pense que si elles avaient été indécentes, la pieuse duchesse 11e leur aurait pas donné place dans son château de Bagnolet.
Antoine Coypel, qui n’était pas sans tirer quelque vanité d’avoir eu le duc d’Orléans pour élève, et qui se parait du titre de peintre du Régent, n’a pas manqué, en différentes occasions, de rappeler cette circonstance. Dans le Discours sur la peinture , qu’il prononça le 7 décembre 1720 à l’Académie des Beaux-Arts, il disait :
Chacun sait les talents extraordinaires pour la peinture, qui ont brillé avec toutes les autres connoissances dans Ms' le duc d’Orléans, et avec quel agrément il s'y exerçoit avant qu’il fut chargé du pénible fardeau de la régence...
Lorsqu’il réunit, l’année suivante, en un volume in -4°, la série de ses