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Cabinet des Estampes, T. a, l

LË PALAIS-ROYAL SOUS LA RÉGENCE 20Q

conférences, A. Coypel clédia son ouvrage à « Son Altesse Royale Monseigneur le duc d’Orléans, régent du Royaume», et écrivit dans sa dédicace :

Monseigneur, j'ai l’honneur de vous consacrer mes réflexions sur la Peinture... Et qui peut mieux que moi attester en particulier une vérité, si connue d’ailleurs par rapport à toutes les autres sciences? Dans les conversations oinvous trouviez bon,

Gravure d’Audran d’après l’un des vingt-neuf tableaux peints par le duc d’Orléans sur l 'Histoire de Daplmis et Chloc

Monseigneur, que j’eusse quelquefois l’honneur de vous entretenir des principes de la Peinture, je suis toujours sorti d’auprès de Votre Altesse Royale beaucoup plus instruit dans mon art même (pie je ne l'étois auparavant. Combien d’autres personnes distinguées par leurs talents se sont fait un devoir cl une gloire de publier la même chose! Témoin ce grand poète si connu par ses satires et si ennemi de la flatterie, qui n'en parloit jamais qu’avec une admiration extraordinaire!...

Cette invocation au témoignage de Boileau que fait ici Coypel lui paraissait évidemment d’autant plus nécessaire qu’il craignait qu’on ne prit pas assez au sérieux les louanges données a son élève par lui, que tant d’obligations liaient au duc d’Orléans. N’avait-il pas reçu par la protection du prince, en 1717, des lettres de noblesse, rare et suprême distinction qui le mettait hors de pair parmi ses confrères? Eu outre, il recevait de lui annuellement une pension de 3, 000 livres, qui lui fut constituée par acte du icr janvier 170O,

ainsi qu’on le voit par l’extrait suivant des registres de la succession du Régent :

Le sieur Coypel a fait plusieurs ouvrages de peinture en la grande gallerie du Pallais Roial, du temps de S. A. R. Monsieur, à cause desquels ouvrages il s’est trouvé qu’il étoit dû au sr Coypel la somme de 60,000 livres pour laquelle Mb' le duc d'Orléans lui a constitué, par contrat passé devant Rellanger, notaire, à Paris, le icr janvier 1706, une rente de 3, 000 livres, qui existe actuellement et dont les arrérages sont paiés à lui ou à ceux qui le représentent1.

Cette pension, payée jusqu’à sa mort à Antoine Coypel, fut réduite à i,5oo livres pour son Fils Charles, et on en retrouve la trace dans les registres de trésorerie de la maison d’Orléans, même pour l’année 1762, où elle Figure avec cette mention2: « Aux frères Coypel, i,5oo livres.» Antoine Coypel ne cessa guère, d’ailleurs, d’être employé par le duc d’Orléans, et fut au Palais- Royal quelque chose comme le surintendant des heaux-arts de la maison. Oppenord avait simplement conduit les travaux de décoration de quelques appartements et, en particulier, de la grande galerie qui sera décrite plus loin. Coypel fut constamment mis à contribution. C’est lui qui, fréquemment, donnait les compositions de certains meubles, exécutés d’après ses modèles. A la vente de l’atelier de son fils Charles, en 1753, on vendit (n° 2Ù2 du catalogue) un lot de «dessins coloriés pour des meubles qui ont été exécutés au Palais-Royal et dont l’invention est de M. Antoine Coypel». Il lit aussi les portraits de plusieurs membres de la famille, notamment du jeune duc de Chartres et de sa maîtresse, Mme de Parabère. Dans un des trois volumes de son œuvre gravé, que possède le Cabinet des estampes à la Bibliothèque nationale, on voit un projet d’un beau plafond qu’il devait peindre dans le salon du château de Saint-Cloud : ce morceau représente Y Apothéose d Hercule ; les chemins qui conduisent les héros à l’immortalité sont désignés par les Lois et par la Guerre.

Beaucoup d’autres artistes eurent les faveurs du duc d’Orléans, à un moindre degré, il est vrai, et reçurent de lui des commandes. Que le prince ait sur eux exercé une influence par son goût délicat, la justesse de ses conseils, le sens qu’il avait de 1 élégance rationnelle, appropriée aux besoins journaliers et aux intimités de la vie, et aussi par son horreur de tout ce qui était de l’inutile, froid, ennuyeux apparat, il semble difficile qu’on puisse le contester, quand on voit débuter au Palais-Royal la révolution qui va bouleverser, à partir de cette époque, le mobilier français et la décoration des appartements. Oppenord

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