‹ Le Palais-Royal d'après des documents inéditsChapitre 147 sur 301 · Guillet de Satnt-Geobges, t. U, p · texte numérisé non relu

Guillet de Satnt-Geobges, t. U, p

au musée «le Versailles; à Jean Duvivier et J. Blanck, les médailleurs; à Charles Boit, l’émailleur; aux graveurs et à une quantité d’autres artistes. Tous les portraitistes en renom de l’époque furent appelés au Palais-Royal pour y retracer les traits de la famille. Santerre peignit non seulement le beau portrait du duc avec sa maîtresse, Mme de Parabère, sous les traits de Minerve (reproduit ici, page 253), mais encore ses filles, la duchesse de Berry, dans son enfance1, Mllc de Chartres (l’ahhesse de Chelles), deux fois3, la duchesse de Modène3, peut-être. Quant à sa sixième fille, M"e de Beaujolais, elle fut peinte par Nattier, qui fit également le portrait de la mère de cette princesse. En 1716, le «lue d’Orléans, qui avait déjà un portrait «1e lui par Rigaud, — exécuté en 1689 et payé alors 5oo livres 4, — lui en demanda un nouveau. Il est représenté dans tout l’éclat et la force de l’âge, avec ce teint bruni par le soleil d’Espagne dont parle Madame, la figure assez large, mais d’un agréable ovale, la perruque d’un blond cendré5 et les yeux d’une infinie douceur. Il porte un vêtement écarlate avec la cuirasse, et le jabot de dentelle négligemment noué autour du col, que Lemoyne a mis aussi dans son buste, et qui s’accorde si bien avec la désinvolture légère du personnage.

A cette heure de sa Aie, c’est-à-dire dans la première année de la proclamation de la Régence, le duc d’Orléans voyait s’ouvrir devant lui, comme en un épanouissement, la plus belle carrière. Jeune encore, puisqu’il n’avait que quarante et un ans, maître du pouvoir, aimé et admiré, ayant tout ce qu'il fallait pour gouverner, d’autant plus fort que les espérances de tout un peuple se concentraient sur sa tête, quelle partie il avait à jouer! Mais déjà le prince n’était plus capable de diriger sa destinée, mordu au cœur par une fatale passion, entraîné par les mauvaises habitudes, submergé dans le vice. Sa passion, ce fut sa fille, la duchesse de Berry. Quand avait-elle commencé? A son retour d’Espagne, en 1709, peu «le temps avant le mariage de celle-ci. Michelet a dil «pie «c’était le diable sur ses genoux». Elle n’avait alors que quatorze ans et était hystérique, demi-folle. « La punition fut cruelle; il resta pour toujours serf et la chaîne aux pieds6.» Ce qui est plus grave encore, il se vautra dans la fange. Vainement, il eut depuis maîtresses succédant aux maîtresses. C’était pour tromper ses sens. L’unique, l'adorée, resta sa fille. La duchesse sa mère le comprit-elle? Est-ce pour cela qu’entre les deux femmes éclata une haine furieuse? En tout cas, la princesse Palatine ne vit

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