‹ Le Palais-Royal d'après des documents inéditsChapitre 16 sur 301 · Sauval, III · texte numérisé non relu

Sauval, III

LA CONSTRUCTION DU PALAIS-CARDINAL

Le Masle ne nous fournissent de renseignements sur les travaux exécutés au Petit-Luxembourg1 à cette époque. Mais nous pouvons nous rendre compte des richesses qui y furent accumulées par les inventaires conservés dans la famille de la nièce du cardinal, M™ de Combalet, duchesse (l’Aiguillon, à qui il donna cette maison en iG3q. Dans son testament, Richelieu confirma la donation dans ces termes :

Je donne et lègue à Madame la duchesse d’Aiguillon, ma nièce, fille de défunt René de Vignerot et de dame Françoise du Plessis, ma sœur aînée, ...savoir la maison où elle loge à présent sise au faubourg Saint-Germain, joignant le Palais de la reine mère du Roi et vulgairement appelée le Petit- Luxembourg... Item, je lègue à ma dite niccc tous les cristaux, tableaux et autres pièces qui sont à présent ou pourraient être ci après lors de mon décès dans le cabinet principal de la dite maison vulgairement dite le Petit-Luxembourg, et qui y servent comme d'ornement, sans y comprendre l’argenterie du buffet dont j'ai déjà disposé, ...je lui donne aussi toutes mes bagues et pierreries...

La collection des objets d’art du Petit- Luxembourg était une des plus importantes de Paris. L’abbé de Marolles, décrivant les principaux cabinets qu’il y avait alors dans la capitale, dit que celui-ci « souffre peu de comparaison pour la magnificence des cristaux, des lapis, des agattes, des calcédoines, des aigues marines, des amétystes, des escarboucles, des topazes, des grenats, des saphirs, des perles et des autres pierres de grand prix qui y sont mises en œuvre dans l’argent et dans l’or, pour y former des vases, des statues, des obélisques, des escrins, des miroirs, des globes, des coffins, des chandeliers suspendus et autres choses semblables. De sorte que l’on pourroit dire en quelque façon qu’il ne s’en perdit pas tant au sac de Mantoue qu’il s’en trouve en ces lieux-là, tant la magnificence y éclate»3. La plus grande partie de ces richesses avaient figuré au Palais- Cardinal avant d’être transportée au Petit- Luxembourg, après la mort de Richelieu. Parmi les tableaux, on voyait une Hérodiade, attribuée à Léonard de Vinci; la Madeleine du Guide, une Charité du Pérugin, la Sainte Vierge de Jean Bellin, le Songe de Garavage, Saint Joseph et Sainte Anne du Tintorct, V Adoration des rois de Rubens, Saint Mathieu par Ail >crt Durer, V Enlèvement des Satines et la Prise de Jérusalem du Poussin, etc.3. Plusieurs de ces chefs-d’œuvre sont maintenant au Musée du Louvre, d’autres dans les collections étrangères. Les sculptures comprenaient une quantité de marbres cl de bronzes antiques, un Bacchus

1 . Nous relevons cependant quelques indications de payements de mémoires dans les papiers de Le Masle. C’est ainsi que nous trouvons, pour l’année i034, mention d’une somme de 904 livres, payée à François le Bossu, maître -serrurier, pour ouvrages de serrurerie faits au Petit -Luxembourg du 1" janvier 1 633 jusqu’au 1" février 1 634 ( Archives de l'Hôlel-Dieu, t. IV, p. 3oo).

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