Archives nationales, R â, 10G6, feuillets 23i-a
4. Du vivant de Monsieur, père du Régent, la dépense laite pour des ouvrages aux bâtiments du Palais-Royal s’éleva à la somme de 297,(198 livres 16 sols 10 deniers, «sans que l’on ail marqué dans les Comptes de quelle qualité ils étoient. » Archives nationales, ibid.
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y avoit été placée du temps de S. A. R. deffunt Monsieur, mais qui consistoient dans des miroirs.
L’on voit encore dans les mêmes Comptes qu'il a été dépensé depuis ledit décès, soit pour des entretiens et menues dépenses, soit pour des meubles et des réparations, la somme de 12, 835 1. i5 s. 1 d.
Lesd. Comptes justifient pareillement qu’il a été fait depuis l’année 1719 jusques à l’année 1723 aux Ecuries hors led. Pallais Roial pour 110,206 1. 9 s. 7 d. de réparations.
Enfin, les mêmes Comptes prouvent que l’on a emploié la somme de 128,769 b 18 s. 8 d. pour des ouvrages faits par les ordres de S. À. R. deffunt M?r le duc
LE CHATEAU -D’EAU CONSTRUIT EN 1 7 1 9 DEVANT LE PALAIS -ROYAL PAR L’ARCHITECTE ROBERT DE COTTE
d’Orléans depuis l’année 1701, temps du décès de S. A. R. Monsieur, son père, jusques à l'année 1723, au Palais Roial, à Saint-Cloud, à Versailles, et en d’autres endroits, sans que l'on puisse distinguer dans ces Comptes ce qui regarde chacun desd. lieux.
Ces mémoires d’ouvriers sont présentement à la Chambre des Comptes. Quand on les examineroit, il seroit très difficile et même impossible de se déterminer sur ce qu'ils comprennent, attendu que l'on a paie tantôt des ouvrages neufs, tantôt de simples rétablissements, et que quelques Bâtiments ont été changés plusieurs fois depuis l’année 1692, que le Palais roial a été accordé à S. A. R. deffunt Monsieur. Par exemple, Sad. A. R. avoit fait construire un sallon au bout de la grande gallerie. On avoit dépensé pour ce sallon une somme très considérable. Il en a été construit un nouveau à la place du premier en 1719 et en l'année 1720. Ce que portent les Comptes du Trésorier ne peut donc pas servir de règle.
Ce document, tout insuffisant qu’il soit, nous fournit cependant deux renseignements intéressants : d'abord il nous donne le montant des sommes employées aux bâtiments du duc d’Orléans de 1701 à 1 7 2 3 , formant un total d’environ 1,200,000 livres, ce qui est un joli chiffre, et ensuite il nous indique que d’importantes transformations furent opérées au Palais- Royal, à diverses reprises, durant cette période de vingt-trois ans. Quelles furent exactement ces
transformations, et quels sont les architectes qui les exécutèrent? Il semble bien, à la vérité, que les travaux durent moins comprendre des constructions nouvelles que des aménagements décoratifs, principalement dans les deux galeries élevées par Mansart à la place de l’ancien Palais-Brion. Mansart étant mort en 1708, il est probable que c’est vers cette date que le duc d’Orléans chargea Oppenordt de décorer les magnifiques appartements qu’il fit alors disposer dans ce corps du bâtiment, et notamment le somptueux salon qui, ayant ses fenêtres sur la rue Richelieu, donnait accès à la galerie d’Énéc, peinte par Antoine Goypel. Dès cette époque, en effet, c’est-à-dire en 1710 ou 1712, Oppenordt jouissait du litre de «premier architecte de Mgr le duc d’Orléans», ainsi que le prouve un acte cité par Jal 1 ; mais on ignore la part exacte qui lui revient dans les changements de l’ornementation des différentes parties du Palais. Les compositions que l’on trouve dans son œuvre gravé, à la 'Bibliothèque nationale, ne soid accompagnées d’aucune légende explicative. Toutefois, les dessins de boiseries, de dessus de portes, de cheminées, de panneaux, qu’on y voit en grand nombre, ont bien l'air de se rapporter au Palais- Royal. Il est donc à présumer qu’Oppenordt décora non seulement le fameux salon dont il est question ci-dessus, mais qu'il dirigea la restauration entière des appartements qui furent complètement bouleversés et modifiés, une répartition des logements principaux ayant été faite alors. En 1 7 1 G , un nouveau remaniement eut lieu, plus important encore. Le Régent changea de chambre pour la troisième fois, et, afin d’avoir une installation plus vaste, prit tout le premier étage de l’aile gauche, ainsi que la galerie aboutissant à la rue Richelieu, sur laquelle s’amorçait la galerie d’Enée. Je dirai tout à l’heure comment il divisa cet appartement personnel et oii il mit sa galerie de tableaux. Ce fut à ce moment que, pour compléter celle transformation, il fit refaire, de 1719 à 1720, le beau salon d Oppenordt.
Cet artiste n’est pas le seul architecte qui ail travaillé durant cette période au Palais-Royal. En effet, il est certain qu’il y en eut au moins trois autres qui furent employés par le duc .d’Orléans : Silvain Cartaud, Legrand et Louis .lu. Le premier seul est connu et a laissé sa trace dans l’histoire de l’Art. Né en 1675, il s’était signalé, en 1704, par la construction de l’hôtel Crozat jeune, devenu l’hôtel Choiseul, et, en 1708, par celle de l’hôtel Crozat aîné, rue de Montmorency. C’est lui qui fit depuis la chapelle des Augustins, place des Victoires, l'hôtel de Jauvry (1722-23), le maître-autel de la cathédrale de Rouen (17.36), la Chambre des Comptes ( 1 7 3 7 ) , la chapelle de l’église des Petits -Pères2, etc. Sa réputation commençait quand le duc d’Orléans fit appel