‹ Le Palais-Royal d'après des documents inéditsChapitre 162 sur 301 · Bibliothèque de l’Arsenal. Manuscrit 970, folio · texte numérisé non relu

Bibliothèque de l’Arsenal. Manuscrit 970, folio

2. Blondel, Architecture française, 17.59, in-f°, t. III, liv. V, p. 38 et suiv.

appartements de Monsieur le Régent », où se donnèrent les célèbres soupers, et qui se trouvaient ainsi très retirés, ayant un escalier intérieur et une porte de sortie distincte.

Tous ces travaux ne modifièrent pas beaucoup l’aspect extérieur du Palais- Royal, mais ils eurent pour résultat de l’agrandir et d’en rendre l’habitation infiniment plus commode et plus agréable. Silvain Cartaud en eut-il seul la direction? Fut-il l’architecte en titre du Palais? A vrai dire, rien n’autorise ii le croire, et sou nom n’apparaît pas dans l’état des gages annuels payés aux officiers et serviteurs de la famille d’Orléans. Au couvent des Filles de la Madeleine de Tresnel, rue de Charonne, où la duchesse allait parfois en retraite, il fit une chapelle de Saint- René, dans laquelle fut érigé le tombeau du comte d’Argcuson, ce qui témoigne des relations bienveillantes qui continuèrent à exister entre cette princesse et l’artiste. Cependant, ce n’est que trente ans plus tard, vers 17^0, que nous retrouvons Cartaud, parvenu à l’àge de soixante-dix ans, chargé à nouveau de constructions considérables au Palais -Royal, de concert avec Contant d’Ivry.

Plus assidues semblent avoir été, auprès de la famille d’Orléans, les fonctions des architectes Legrand et Ju, car leurs noms reviennent d’une façon constante dans les Comptes durant la période qui s’étend depuis 1719 jusqu’à 1750. Quel est ce Legrand? Qu’a-t-il fait? Il n’est cité par aucun auteur, et M. Bauchal ne le mentionne même pas dans son excellent Dictionnaire 1 . Est-il le père de ce Jacques Legrand qui, à la fin du xvme siècle, construisit le théâtre Feydeau, restaura la fontaine des Innocents, et fit, avec Molinor, des travaux si remarquables à la Halle aux Blés? Tout ce que je puis dire, c’est que la plupart des ouvrages courants exécutés pour les princes d’Orléans, à Paris, à Saint-Cloud ou ailleurs, à cette époque, furent dirigés ou tout au moins surveillés par lui. Quant à Louis Ju, il fut l’architecte de la duchesse d’Orléans, à Bagnolet, et c’est lui qui, entre autres travaux, aménagea les écuries du Régent dans l’ancien hôtel Colbert, au coin de la rue Vivienne. J’en parlerai plus loin.

La construction du Château-d’Eau que le duc d’Orléans fit élever, en 1719, sur les dessins de Robert de Cotte, doit être ici signalée à part, car ce petit monument, qui a orné la place du Palais-Royal pendant plus d’un siècle, jusqu’en iSâS, date où il fut détruit, ne faisait pas partie de l’apanage, il était indépendant du Palais. Ce qu’il coûta fut donc payé non par le prince, mais par le service des Bâtiments royaux. En le faisant ériger, le Régent poursuivit un double but : d’abord l’embellissement de la place sur laquelle se trouvait la façade de sa demeure, — ce qui était vraiment une nécessité, —

1. Bauchal, Nouveau Dictionnaire biographique et critique des architectes français (1887. i 11 -8°) .

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ensuite la régularisation du service des eaux, tant pour son usage que pour celui des habitants du quartier et surtout de l'Opéra, à chaque instant menacé d’incendie. La question de l’embellissement s’imposait d’autant plus que, depuis la destruction de l’hôtel Sillery, ordonnée par Anne d’Autriche, l’aspect de la placerait loin de s’étre amélioré. Des maisons nouvelles, dont la forme

Peint par Ant. Corrège Gravé par Ph. Frière

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