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GRAND CABINET A INCRUSTATIONS DE CUIVRE, PAR BOULLE

scs prétentions, demandant 90,000 écus romains pour les tableaux, un supplément de pot-de-vin, et de garder les anciens cadres des peintures afin de pouvoir y replacer des copies. Jamais marchandage ne prit de pareilles proportions.

L’habileté du cardinal Gualterio eut raison de ces difficultés. Le i3 août 1720, il écrivit à Crozat qu’il était arrivé, enfin, à poser les bases du marché. Le duc d’Orléans avait, quelques jours auparavant, demandé au pape

d’intervenir et de laisser sortir les tableaux d’Italie. Il allait donc avoir cause gagnée. Cependant il reçut, à cette date, une communication qui aurait pu refroidir quelque peu son enthousiasme : c’était le mémoire d’un expert du nom de Guilbert, envoyé à Rome par Crozat pour vérifier l’authenticité des

tableaux et donner son avis sur leur valeur. Ce Guilbert ne paraît pas avoir, au premier abord, été ébloui par l’éclat des chefs-d’œuvre de la collection de Christine de Suède. Soit qu’il n’ait pu les examiner que superficiellement , soit que les peintures fussent vraiment très mal éclairées, comme il le déclare, dans les appartements du duc de Bracciano, il parle avec tant de réticences de la qualité et même de l’authenticité de quelques-unes des œuvres les plus renommées qu’on croirait qu’il tend à déconseiller l’acquisition. Son Mémoire1, assez court, est, d’ailleurs, écrit à la légère, et contient plus d’une inexactitude. Pourtant, il nous fournit quelques renseignements du plus grand intérêt sur l’état plus ou moins délabré dans lequel se trouvaient alors certains tableaux de la galerie de Christine de Suède, dont aujourd’hui on admire la surprenante conservation. Par exemple, il constate que le fameux tableau de la Sainte Famille, de Raphël, montre trois trous ou gerçures du bois sur lequel il est peint : au nez de la Vierge, à la main du saint Enfant et sous les pieds de saint Jean. Il trouve que les trois œuvres du Corrège, lo, Lècla et Danaé, sont détériorées et ont beaucoup souffert; que X Amour bandant son arc, du même peintre, n’est qu'une copie; que la Transfiguration, du Caravage, est « fort endommagée du côté droit et par le bas » ; que les cinq cartons de Jules Romain, représentant les Amours de Jupiter, sont «un peu déchirez». Au total, Guilbert n’en concluait pas moins que tous les tableaux qu'il avait pu examiner de près lui paraissaient «très originaux», et que la collection était des plus précieuses.

L’affaire de l’acquisition fut enfin terminée le i4 janvier 1721. Le cardinal Gualterio écrivit aussitôt k Crozat en lui envoyant le contrat de vente, en six articles, dûment signé et libellé en italien. Le prix fixé fut de 93,000 écus romains, c’est-à-dire 358, 000 francs en monnaie de France, plus un pot-de-vin d’une dizaine de mille francs. Le paiement devait être fait en quatre mois, et il était stipulé que les agents du duc d’Orléans n’auraient le droit de décrocher les tableaux qu’après versement i. Publié dans la Correspondance des directeurs de l'Académie de France « Rome, i8y5, t. V, p. 3 /j 1 .

MEDUSE, pierre gravée

CICÉRON, pierre gravée

Pgint par Raphaël Gravé par J . Bouilli^

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