Correspondance de Madame, édit. Brunet, t. Ier, p
VIGNETTE D’AUG. DE SAINT - AUBIN Pour l’ouvrage Les Pierres gravées du duc d* Orléans
moitié des médailles qu'elle avoit volées au roi. Elle avoit aussi des cassettes pleines de médailles d'argent; tout cela a été vendu en Angleterre1.
Les principaux graveurs du temps travaillèrent pour la duchesse qui, k sa mort, devait encore 5,ooo livres k Roettier. Son Inventaire ne donne pas l’estimation de sa collection, qui fut plus que doublée par le Régent. Celui-ci confia la garde de ces trésors k l’abbé de La Chau, dont on connaît l’ouvrage superbement illustré de vignettes de Saint-Aubin et de planches représentant les meilleures pièces de ce cabinet; il fut publié aux frais du duc d’Orléans et intitulé : La Collection des pierres gravées et médailles de Monseigneur le duc d'Orléans (2 vol. in-4°). Au Palais-Royal, de luxueux médailliers, dont la description est donnée dans X Inventaire inédit, dressé par Claude Gros de Roze, intendant des devises et inscriptions des édifices royaux, contenaient ces raretés soigneusement classées. Les médailles antiques d’or formant une suite d’impériales romaines, étaient au nombre de 867. Pour elles seules, l’estimation monta k 35, 000 livres. Il y avait une centaine de médailles d’or modernes, comprenant notamment un Louis XIII du coin de Warin, du poids de huit louis ; seize médailles de l’histoire de Louis XV, enfermées dans un «panier couvert de moire bleue garni de galons d’or». Les médailles d’argent antiques se comptaient par centaines. Quant aux pierres gravées, topazes, saphirs, grenats, hyacinthes, turquoises, améthystes, cornalines, agates de diverses formes et grandeurs, contenues dans des écrins de chagrin doublés de velours noir, elles étaient du plus haut prix. Parmi les boîtes k portraits, on en voyait quinze qui étaient en or, toutes émaillées, accompagnées de perles, rubis, diamants, saphirs, et ornées des portraits de princes et princesses de la cour. Il faut mentionner encore des figurines d’agate, des coffrets et des coupes d’or, des bijoux antiques, des cachets, des bagues, des tablettes k écrire, « quarrées et fermantes k clef, dont la couverture d’or émaillée est garnie de petits diamants et rubis, et le dedans plein de portraits en mignature de divers princes et princesses..., » etc. La prisée totale de la collection, k la mort du Régent, fut de 125,919 livres, se décomposant ainsi :
Médailles antiques d'or 35.ooo' »s »d
La coupe d’or, sans y comprendre son poids .... 3oo 0 »
Médailles et monnaies modernes d'or 24,843 4 3
Médailles antiques d'argent 3,3oo » »
Médailles et monnaies modernes d’argent 4,oSo 1 »
Médailles modernes d’étain 100 » »
Pierres gravées. 5i,o85 » »
Autres curiosités de différente nature 7,210 » »
1 25,919' os 3J