‹ Le Palais-Royal d'après des documents inéditsChapitre 184 sur 301 · Ibid., t. Il, p. a3o · texte numérisé non relu

Ibid., t. Il, p. a3o

T. I. LE PALAIS -ROYAL

donné pour gouverneur le marquis de Chiverny, dont la femme occupait déjà des fonctions analogues auprès des princesses ses sœurs; puis, comme précepteur, le vertueux abbé Montgault. Pour secouer l’apathie naturelle du jeune homme, dont le caractère sournois l’inquiétait, et afin de lui ouvrir l’esprit aux affaires, il le fit admettre au Conseil de Régence, en 1718, alors qu’il n’avait pas quinze ans, et ensuite au Conseil de la Guerre. O11 rétablit pour lui, en 1721, la charge de colonel général de l’infanterie. Ces diverses faveurs chatouillaient agréablement l’amour-propre de l’adolescent, car il était ambitieux, et sa mère lui soudait de son orgueil. Mais ses talents n’étaient pas à la hauteur de ces diverses situations. Vainement, pour mieux travailler et s’isoler, il acheta, en 1721, sur sa cassette particulière, une petite maison à Ménilmontant, joignant le parc de Bagnolet. Il acquérait des connaissances sans que son intelligence s’élargît. Un jour, en pleine assemblée au Palais- Royal, le Régent, impatienté, lui dit : « Sachez, mon fils, que vous 11e serez jamais qu’un honnête homme!» C'est à quoi, en effet, il se résigna, à la fin, mais non sans dépit, cL après avoir tout fait pour jouer un rôle.

Il s’y essaya sans tarder. Poussé par sa mère, l’impérieuse duchesse douairière d’Orléans, qui se consola de son veuvage en prenant vite les rênes du commandement au Palais- Royal, il s’efforça de se glisser dans la confiance du jeune roi Louis XV. Mais la place était prise et bien gardée par un adversaire habile, un Coudé, Monsieur le Duc. La lutte s’engagea aussitôt entre eux, et dura des années. Le nouveau duc d’Orléans vit d’abord restreindre l’état de sa maison par le roi, qui rendit à ce sujet, le 6 janvier 172/f, une ordonnance où il était dit (pie, par égard pour la mémoire du Régent, on aurait désiré continuer à son lils le privilège du même train, mais que l’ordre de tout temps établi pour les princes du sang obligeait de ramener le nombre des officiers de celui-ci à un chiffre conforme à sa situation. En conséquence, il n’était autorisé à garder qu’un personnel de 2GG officiers, dont l’état fut stipulé1. D’autres vexations suivirent celle-ci. Sa mère voulut le marier et lui imposa son choix. 11 avait jeté les yeux sur Mlle de La Rochesur-Yon. Mais elle 11’en voulut pas. Elle se fit apporter par d’Argenson tous les almanachs, et chercha quelle princesse pourrait convenir à son fils. Elle trouva la princesse Jeanne de Baden-Baden, et, sur-le-champ, expédia en Allemagne Cangis, homme de confiance et valet de chambre de feu son époux, avec mission de lui faire un rapport. Le rapport fut bon. Madame d’Orléans envoya alors d’Argenson pour faire officiellement la demande préliminaire3. Mais Monsieur le Duc prétendit que le roi — c’est-à-dire lui-même — devait être au

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