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Marquis d’Argenson, Mémoires

LE MOINE DE SAINTE -GENEVIEVE : LOUIS d’oRLÉANS

d’Orléans n’en avait pas davantage le goût, car il fuyait les distractions et s’enfonçait de plus en plus dans la dévotion ou dans les livres saints, toutefois, il n’en était pas encore à l’absolu détachement des choses de ce monde. 11 tenait son rang, dirigeait sa maison, s’appliquant à réparer les brèches que son père avait laissées dans ses finances, sans pousser l’économie trop loin et sans sacrifier ce qui était nécessaire à la dignité de sa situation. Les dépenses des Menus, de la Bouche, des Bâtiments, (les Pensions, etc., étaient réglées, sur son ordre, par son trésorier Palerne, suivant les méth odes d’ admi ni stration dont j’ai déjà dit le mécanisme.

Nous avons, pour nous éclairer sur ce point, un document des plus intéressants, sauvé, on ne sait par quel hasard, de la destruction, et qui est venu échouer en ces derniers temps ii la Bibliothèque Carnavalet1. Ce sont d’abord les états de trésorerie de Louis d’Orléans, donnant la récapitulation de toutes les dépenses (les différents services de la Maison depuis l’année 1730 jusqu’en 1766, et, en outre, un certain nombre de mémoires de fournisseurs payés par Poinsinet, le contrôleur des Menus plaisirs du duc; enfin, le journal de dépenses du trésorier général Palerne. Ces dernières pièces sont particulièrement curieuses, et il est Irès rare d’en rencontrer de pareilles, car on ne gardait ordinairement, jadis, dans les archives de la famille d’Orléans (comme dans les autres où la gestion des biens était également importante), que les registres récapitulatifs de dépenses : une fois les écritures passées et approuvées, on brûlait les pièces de caisse, les notes, reçus, mémoires, etc., afin d’éviter l’encombrement de papiers inutiles. \oilà pourquoi il m’a été si difficile de trouver, par exemple, le détail des travaux exécutés au Palais-Royal durant le cours des xvue et xvnU siècles, même après avoir eu la bonne fortune de reconstituer les éléments principaux des archives des ducs d’Orléans pendant cette longue période.

En consultant les registres conservés à la Bibliothèque Carnavalet, 011 voit que le fils du Régent avait un train de maison qui — s’il n’égalait pas celui

1. Bibliothèque Carnavalet: Manuscrit formant 5i registres et G liasses, n° 38799.

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