ENCRIER EN ARGENT (ÉPOQUE LOUIS XV
Le RalaIs-roÿaL
de son père — était encore assez important. Le chapitre des gages à ses officiers et serviteurs se montait à 207,400 livres en 1732 et en 1737 à 35o,367 livres, réparties entre 2i5 personnes. Les plus gros appointements allaient à ses chambellans et à ses premiers gentilshommes : M. de Conflans (10,000 livres), M. de Clermont (4, 000 livres), M. de Castellane (4, 000 livres), le Grand Prieur (5, 000 livres); aux dames d’atour : la duchesse de Brancas (8,000 livres), Mme d’Armentières (6,000 livres), Mme de Nocé (4, 000 livres), etc. Le chancelier d’Argenson, de meme que le trésorier Palernc, touchaient
1 4.000 liv rcs; l’abbé Montgault, devenu secrétaire des commandements,
7.000 livres, sans compter le revenu de 1,000 livres que lui valait un autre emploi au Palais-Royal. Le chapitre des pensions était chargé non seulement des libéralités personnelles du duc d’Orléans, mais encore, ainsi que l’exigeait la coutume, des pensions servies sur les comptes de succession des divers membres de la famille qui étaient décédés. Ainsi, en 1737, les rentes attribuées aux anciens serviteurs du Régent montaient encore au chiffre de 28,645 livres. Celles que le duc faisait aux personnes qui avaient été attachées à sa femme durant scs deux années de mariage — Mme de Pons, Mme de Bourdeillc, Mme de Castellane, Mlle de Cangis, l’abbé Yerlot, son chirurgien Dumont, le commandant de son écurie Dervant, Hallé, son porte-chaise d’affaire, etc. — allaient a la somme de 27,500 livres. Le prince allouait de même des gratifications annuelles « aux dames qui avaient été attachées auprès de M«' le duc de Chartres dans son enfance». Par exemple, il donnait régulièrement à Mme de Graville 6 ,000 liv res; à Mmc Charpont-Verteuil et à Mme Poinsinet,
qui avaient été femmes de chambre, 800 livres; à la dame Habert, remueuse,
5oo livres; à la dame Leblanc, faiseuse cle bouillie, 200 livres. Ces rentes étaient viagères, et la plupart des bénéficiaires vivaient, en outre, soit au Palais -Royal, 011 ils avaient un appartement quand c’étaient des personnages de distinction, soit dans quelque domaine de la Maison. On comprend, en rapprochant ces détails de ce qui a été dit plus haut sur les dépouilles que s’arrachaient les serviteurs après la mort de leurs maîtres (voir page 246), de quelles obligations accumulées l’usage grevait autrefois les grosses fortunes princières !
Les pensions et gratifications que Louis d’Orléans accordait, en son nom personnel, étaient assez nombreuses. Dans la liste, on trouve Fontenelle, l’académicien, qui recevait annuellement i,5oo livres et avait un logement au Palais-Royal, qu’il garda jusqu’au jour où le prince, irrité de l’impiété du philosophe, le congédia. 11 y avait encore de Lagny, de l’Académie des Sciences, pour 1,000 livres; Charles Covpcl, son premier peintre, pour 1 ,5oo livres; l’architecte Jean-Sylvain Cartaud, pour 200 livres; «le sieur
LE MOINE DE SAINTE-GENEVJEVE : LOUIS D ORLEANS
Peint par Annibal Carrache Gravé par A. Romanet