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Ce salon est marqué sur le plan par la lettre

HISTOIRE DU PALAIS-ROÎAL

Galerie peinte par A. Coypel.

LE PETIT-FILS DU REGENT

illusoires, car les tableaux furent si souvent enlevés et transportés de salons en salons, qu’il est difficile d’assigner des dates positives k leurs pérégrinations. Les Inventaires montrent que, si l’ensemble de la collection restait disposé invariablement dans les sept grandes pièces que comprenait la galerie cons-

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LA. CHAMBRE DE PARADE AU PALAIS- ROYAL, EN 1760, PAR CONTANT D'iVRY (D’après la gravure de V Encyclopédie , de Diderot)

truite par Mansart (voyez sur le plan de 1764 les salons marqués de la lettre Q), chaque prince et princesse de la dynastie puisa dans ce fonds si riche les toiles qui lui agréaient le mieux pour en orner telle chambre ou tel salon de son appartement particulier, suivant les circonstances. Par exemple, le Régent, qui avait une salle de billard, y avait fait mettre les peintures de son choix, comme dans sa chambre et ailleurs. Son fils ayant supprimé le billard, les tableaux furent réintégrés dans les grandes galeries. Lorsque la duchesse d’Orléans, après la mort du Régent, abandonna son appartement du rez-de-chaussée pour s’installer au premier étage, k l’extrémité de l’aile droite donnant sur la rue Saint-Honoré, elle changea en même temps les tableaux dont elle s’était jusque-là entourée. A tout instant, dans le Palais où se produisaient des déménagements continuels, il en était de même. Le duc Louis-Philippe d’Orléans fit faire, vers 1 7 4 5 , un classement

de la galerie de tableaux qui subsista jusqu’au moment des grandes constructions de Contant d’Ivry. C’est celui qui a été publié par d’Argenville dans son Voyage pittoresque à Paris de 1765. Mais l’ordre dans lequel on les mit fut bouleversé quelques années après, quand les nouveaux appartements furent achevés, lors de la restauration de l’édifice. Vers 1770, le duc changea encore les tableaux de place. Déjà il avait réuni ceux de l’école flamande — une grande partie tout au moins — d’abord dans une sorte de pavillon ou jadis le Régent, jeune, avait eu son logement (voyez sur le plan de 1764 les pièces marquées de la lettre F), ensuite il les fit transporter à peu près tous — au nombre de n5 — au château du Raincy, dont il aimait fort le séjour, et qu’il fit meubler somptueusement. Il y avait là tous les Teniers, les Wouvermans, les Miéris, les Gérard Dow, etc. Seuls, Rubens, Rembrandt, Van Dyck et Jordaens trouvèrent grâce et furent maintenus au Palais- Royal. Quelques œuvres de l’école française, le Bal champêtre , de Watteau; le Portrait de Louis XIII, de Ph. de Champaigne; le Henri IV, de Porbus, et deux portraits de S. Bourdon, partagèrent cet exil. A Paris, on ne laissa que 3oi tableaux. Au Raincy furent transportées également les sculptures qui dataient du temps de Richelieu : le fameux Taureau Farnèse l, vingt-neuf bustes d’« empereurs romains et autres, le tout en marbre blanc, excepté un en marbre noir et un en bronze»2. Il y avait encore deux sculptures de Jean Goujon, en bronze, l’une représentant une Baigneuse, l’autre l'Architecture ; un groupe de Quatre enfants jouant avec une chèvre, un Mercure enlevant Psyché, le Bèmouleur , une Vénus accroupie, Diane et Méléagre, etc. En fait de sculptures, on ne garda au Palais -Royal que les petits bronzes de Jean de Bologne, qui s’y trouvaient depuis le cardinal de Richelieu : les Quatre saisons, Hercule assommant Achéloüs, Lion dévorant un cheval, le Gladiateur , un petit Mercure, une figure d’après l’antique, Antinous, etc. Aucune œuvre de nos grands statuaires français des xvne et xvme siècles! Nous avons dit plus haut que les ducs d’Orléans n’avaient jamais fait de folies pour ce genre d’œuvres d’art.

SIGNATURE AUTOGRAPHE DU DUC LOUIS- PHILIPPE D’ORLÉANS, EN 176a

1. Voyez, plus haut, pages 08 et 2o3. Dans l'Inventaire de Richelieu, ce groupe lut prisé i,55o livres; dans celui de Monsieur, en 1701, il n’est plus coté que 4oo livres; dans celui de Louis- Philippe d’Orléans, en 1785, il est estimé 2,470 livres, avec un buste de Louis XIII enfant et un lot de porcelaines de Chine.

2. Ces bustes sont prisés, dans l’Inventaire de 1786, la somme de 5,490 livres, «avec leurs gaines en marbres. » Ils furent vendus aux enchères sous la Révolution. Voyez ce qui a été dit à ce sujet dans ce volume, pages 05-60.

LE PETIT-FILS DU RÉGENT

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