‹ Le Palais-Royal d'après des documents inéditsChapitre 215 sur 301 · Voyez Dejaudin, Le Petit Trianon · texte numérisé non relu

Voyez Dejaudin, Le Petit Trianon

3. Ce merveilleux château de Saint-Coud, que le frère de Louis XIV, Monsieur, avait créé de toutes pièces 'avec tant de soins et de dépenses, fut vendu à la reine Marie -Antoinette pour le prix de six millions en 1785. Mmc de Montesson, qui ne pouvait y faire les honneurs à la cour, accepta avec joie l’occasion de céder cette résidence. « Malheureusement pour la famille d’Orléans, » dit Vatout (p. iü3), « Saint-Cloud n’était pas inaliénable comme le Palais - Royal. » C’est le baron de Breteuil qui négocia l’affaire.

LE PETIT-FILS EU REGENT

traitement chacun); deux portiers, un jardinier, deux femmes de charge, un frotteur, six musiciens, etc. Le gros des serviteurs, les gentilshommes de la chambre, les chambellans, les officiers de tous ordres, les écuyers, le premier médecin Barthet, le premier chirurgien Marsolan, les barbiers, les valets de chambre, les huissiers, les maîtres d’hôtel, les officiers de la Bouche, etc. ; en un mot, l’armée de fonctionnaires qui constituaient ce qu’on appelait a la maison», comprenant plus de trois cents personnes, tout ce monde était resté au Palais- Royal. Le chapitre des gages annuels du personnel montait, en 1785, à la somme de 4 1 1,000 livres. Dans ce chiffre étaient compris les traitements aux architectes Piètre et Le Grand, au peintre Pierre; au garde de cabinet d’histoire naturelle, Etienne Guettard (5oo livres); à J. Giraud de La Chau,

« secrétaire -interprète, bibliothécaire et garde du cabinet des pierres gravées » (600 livres); à Dardenne, secrétaire du Conseil et garde des archives (2,900 livres); à Bernard Chérin, généalogiste (600 livres); aux lecteurs Carrogis de Garmontel et Fr. -Alex. Le Fèvre (1,800 livres chacun), etc. En outre, il y avait le service des pensions qui étaient servies à 41)6 personnes, parmi lesquelles on trouve les noms du peintre J. -B. Pierre, pour 750 livres; de La Fontaine, «petit-fils du grand La Fontaine, » pour 4oo livres, et ceux d’anciens serviteurs de la famille d'Orléans, de leurs veuves, etc.

Mais le duc d’Orléans n'avait pas laissé au Palais-Royal ses voitures et ses chevaux : il les avait logés rue de Provence. Son Inventaire nous en fournit le détail. Ce n’était plus le grandiose équipage de jadis : il y avait pourtant dans son hôtel 1 55 chevaux, ce qui prouve que le local était de belle dimension. Les noms donnés à ces animaux évoquent à eux seuls l’esprit de l’époque. Il y avait l’ Hypocrite, la Friponne, Y Officieux, la Cigogne, la Prude, la Gentille,

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X Inconstante, la Chimère, le Paon, le Faquin, Y Espiègle, etc. Les voitures étaient au nombre de 32 : diligences, berlines, calèche, gondoles montées sur roues, trois-quarts, vis-à-vis, des «diables», des «cabriolets», etc. Elles ne /‘urent pas prisées un prix très élevé. Une berline de ville, à paillette, «garnie

de velours ciselé blanc galonné d’or, avec housse en drap aussi galonné d’or, et montée sur ressort à l’anglaise,» fut estimée 1,200 livres; une diligence, «peinte fond de faïence, garnie de velours de soie à la Reine bleu et blanc,» 3,ooo livres; une autre diligence, «fond or, garnie en velours ciselé bleu et blanc galonné d’or,» 2,200 livres. Le reste à l’avenant.

C’est dans l’atmosphère de cette vie paisible de la rue de Provence et de Sainte-Assise, que la mort vint frapper le duc d’Orléans le 18 novembre 1780. Son père avait eu la fin d'un moine, lui se retira de la cour en philosophe bourgeois, soucieux seulement de ses aises et de son repos. Dès 1780, il abdiqua entre les mains de son fils, lui laissant le Palais-Royal et ses droits, et le luxe, et le fracas de l’existence princière. Quant à lui, qui avait lu Voltaire, il descendit du faite où le sort l’avait placé pour se borner à cultiver son jardin, comme Candide.

Qu’eût dit son aïeule, la fière Elisabeth-Charlotte, si elle avait vu ce petit-fils du Régent en arriver à ne pas savoir finir meme «comme un simple duc»? Aurait-elle pu croire (pie c’était peut-être de la sagesse?

(Dessin de Contant d’Ivry)

LES ARMES DU DUC LOUIS - PHILIPPE d’ORLÉ AAS (Dessin original de Le Boursier, en 1764. — Bibliothèque Carnavalet)

LE JARDIN DU PALAIS - ROYAL EN I79O, D’APRÈS L’AQUARELLE DE DESRAIS (Bibliothèque nationale)

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