‹ Le Palais-Royal d'après des documents inéditsChapitre 217 sur 301 · DESCENTE 1)1 NE · texte numérisé non relu

DESCENTE 1)1 NE

Il est certain que le prince n’était pas, surtout à cet âge, dénué de sensibilité. Mais il se fit de bonne heure un masque, et se donna une attitude de libertin précoce, qui lui parut un signe de supériorité dans le milieu où il vivait. Son père, indifférent ou même indulgent pour ses dérèglements, le laissa se lier avec les jeunes gens les plus étourdis ou les plus dissipés de la cour, de Guéménée, de Fitz-James, de Conflans, le chevalier de Coigny, etc. A seize ans, le duc avait une maîtresse en titre, la fameuse Duthé, qu’on lui avait vendue comme toute neuve (elle avait quinze ans) et qui, depuis, ruina tant de gens ! Encore celle-ci fut -elle comme un objet de luxe, et pour l’apparence. C’est à meilleur compte et avec des femmes de la plus basse catégorie que le jeune homme courait en belle compagnie les maisons mal famées

sirs. Ses instincts de calculateur se révélèrent promptement, à en croire les libelles qui coururent contre lui. Ne l’accusait-t-on pas de déposer les diamants de ses habits chez Boelimer, le bijoutier du Palais-Royal, lorsqu’il se produisait quelque fête, afin de les donner en location aux dames de la cour, et de se contenter pour lui- même de brillants faux? C’étaient autant de petits bénéfices1. Ne citait-on pas l’avanture du malheureux joaillier qui, lui ayant procuré, à sa demande, des boucles de souliers du prix de 18,000 livres, se les vit ensuite marchander avec tant de dureté qu’il fut obligé de' les lui abandonner avec perte? Puis le marchand apprit, peu de temps après, que ces mêmes boucles avaient été revendues par le duc de Chartres avec un bénéfice de 6,000 livres. Malheureusement pour la réputation du prince, bien des faits justifiaient ces racontars. Sa conduite avec sa sœur la princesse de Bourbon, lorsque celle-ci fut insultée à l’Opéra par le comte d’Artois, vengeant ainsi l’amour-propre blessé d’une de ses

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