‹ Le Palais-Royal d'après des documents inéditsChapitre 229 sur 301 · L’ARCHITECTE VICTOR LOUIS · texte numérisé non relu

L’ARCHITECTE VICTOR LOUIS

D’après un portrait du temps appartenant à son petit-fils, M. Ethys de Corny, reproduit dans l’ouvrage de M. Marionneau.

Ce coup d’essai fut un coup de maître, et lui conquit aussitôt la renommée. Pendant sept années, il y travailla sans relâche, au milieu des embûches, des colères, des animosités provinciales, sans parler des entraves administratives de tous genres, étonnant ses amis par sa confiance en la réussite, par la netteté de ses vues et la promptitude de ses décisions. Le théâtre fut inauguré le 7 avril 1780. Aussitôt il revint à Paris, où il avait hâte de se rappeler à l’attention de ses puissants amis. On ne l'y avait point oublié. Au

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surplus, il n’était pas embarrassé pour se mettre en avant. Marié à une charmante jeune femme, instruite, musicienne, « de première force sur le piano, » dit Mme de Genlis1, auteur d’un opéra-comique, Fleur d' épine, qui avait été joué avec succès en 1777, sachant lui-mème tourner agréablement un vaudeville, il eut vite fait de réunir dans son salon de la rue de la Michodière artistes et littérateurs. La preuve qu’il s’entendait dans l’art du courtisan, c'est que, dès 1783, il publiait un grand ouvrage sur la Salle de spectacle de Bordeaux (aux dépens de l’auteur, à Paris, chez Esprit, libraire au Palais- Royal), avec une épître dédicatoire au maréchal de Richelieu, et qu’en février 1784 il faisait jouer une pièce de lui, le Prince dupé, par la troupe de Mm0 de Montesson, sur le théâtre du duc d’Orléans, rue de Provence. Son esprit était ouvert et plein de ressources, son crayon inventif, son coup d’œil prompt, son activité débordante : c’était pour le duc de Chartres l’architecte rêvé, et qui venait à point.

L’important pour le prince était de commencer par la construction des galeries dont la location ou la vente devaient constituer le bénéfice de son opération. Il fallait, en outre, aller vite. Après avoir un instant hésité sur la question de savoir si l'on traiterait ou non à forfait avec un entrepreneur, on se résolut à ce dernier parti, et le choix de Louis tomba sur un homme dont les propositions parurent avantageuses et qui présentait les meilleures garanties, Louis Berthault fils. Le 9 novembre 1781, fut signé le contrat par lequel celui-ci s’engageait à avoir terminé les bâtiments des galeries pour le icr avril de l’année 1784, moyennant un forfait de 3,3o2,25o livres, sans qu’il pût apporter un seul jour de retard dans la complète exécution des travaux ni la moindre augmentation dans la dépense. Le traité2, en dix articles, stipulait minutieusement les conditions â la charge de l’entrepreneur, lequel reconnaissait avoir reçu de l’architecte : i° un plan général des travaux, sur très grand papier ; 20 un second plan pour les élévations extérieures des bâtiments, en moindre papier; 3° un plan pour les coupes, sur petit papier; 4° un plan des différents étages, caves et greniers, auquel étaient attachés six petits papiers (en retouches) indicatifs des étages : ce quatrième plan, fait pour une maison de trois croisées, devant servir de type pour le reste. Berthault déclarait, en outre, qu’il avait fait l’étude la plus approfondie des constructions à élever avant d’accepter le devis de 3,3o2,a5o livres, qu’il ne s’était pas contenté de ses propres vérifications, mais qu’il avait « consulté différentes personnes de l’art pour ne point se charger à la légère d’une besogne de

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