Mn’e de Genlis, Mémoires, l. Ier, p
2. Traité entre h duc de Chartres et le sieur Berthault pour les constructions au pourtour du Palais-Royal. — Archives nationales, R 4, 282.
PHILIPPE-ÉGALITÉ
cette importance », et, enfin, que c’était « après les réflexions les plus solides et aussi avec la connaissance la plus profonde et la plus certaine » qu’il avait « sollicité la préférence que Monseigneur a daigné lui accorder et présenté les devis et conditions des ouvrages de maçonnerie, charpente, menuiserie, couverture, plomberie, fonte, peinture, sculpture, marbrerie, carrelage, pavé, vitrerie et autres accessoires nécessaires pour compléter la perfection » do l’ensemble des bâtiments dont on allait lui confier l’exécution.
Quant au paiement des 3,3o2,25o livres, il devait être fait de la façon suivante : i° en une somme de 2/10,000 livres, payable en cinq fractions, trois de 4o,ooo livres, deux de 60,000 livres, les i5 de chaque mois, à partir de novembre 1781 ; 20 en une somme de 2,6/10,000 livres, payable en vingt-quatre termes, à raison de 110,000 livres de mois en mois, à partir du i5 avril 1782, et après vérification, avant chaque versement, de l’état des travaux par l’architecte Louis; 3° enfin, en la somme de 422, 25o livres, qui serait versée immédiatement après le procès-verbal de visite et de réception des bâtiments entièrement achevés, prêts à être habités « et les clefs à la main », mais seulement si les constructions étaient terminées à l’époque fixée. Si, au contraire, les travaux n’étaient pas finis à cette date, la somme de 422,260 livres ne serait exigible qu’après l’expiration d’autant d’années qu’il s’écoulerait de mois entre le ier avril 1784 et la «perfection totale des ouvrages».
Le duc de Chartres tenait tellement à cette date du icr avril 1784 pour l’achèvement de ses galeries que, dans l’acte1 fixant les honoraires de Louis, il crut devoir prendre les mêmes mesures de précautions que contre Berthault. 11 alloua à son architecte cinq pour cent sur le devis de 3,3o2,25o livres, prévu par l’entrepreneur, ce qui faisait une somme de 166,112 livres, qu’il s’engagea à payer par quartier, savoir : 5, 000 livres de trois mois en trois mois, à compter du icr octobre 1781, ce qui devait faire un total de 5o,ooo livres à la date du ier avril 1784. Pour les 125,112 livres complétant les honoraires, ils 11e devaient être versés qu’après l’entier achèvement des galeries. Bien mieux! dans le cas où la dépense prévue serait dépassée par Berthault, il serait retenu à l’architecte quinze pour cent de l’excédent qu’aurait à supporter le prince. Pour achever de montrer avec quel soin furent faits ces divers contrats (on y reconnaît la main de Beaudeau, le chef de contentieux du prince et son ami), j'ajouterai que les cinq pour cent, attribués à l’architecte dans la limite du devis Berthault devaient constituer ses honoraires non seulement pour les travaux des galeries, mais encore pour toutes les autres besognes qu’il plairait au prince de lui donner, telles que la réfection du jardin, etc.
1. Fixation des honoraires alloués au sieur Louis, architecte, pour les constructions au pourtour du jardin du Palais-Royal. — Archives nationales, R 4, 289.
L’entrepreneur se mit à la tâche, on devine avec quelle activité! Le malheureux avait fait de mauvais calculs et courait à la ruine. Dix- neuf mois après les travaux étaient presque achevés, mais la dépense montait déjà à près de quatre millions et demi, ainsi qu’il résulte de X Etat de récapitulation suivant, dressé par Louis1 le 29 juin 1783 et contresigné par le duc de Chartres :
Maçonnerie 2,655,076' iâ’io'1
Charpente 456,379 » »
Couverture 25,385 » »
Plomberie 1 55,45 1 i3 n
Menuiserie, ferrure et peintures (pour les portes,
croisées, lambris d’appui et parquet seulement). 364,382 7 10
Gros fers et fonte 162,984 10 4
Marbrerie 73,663 5 »
Pavé de grès 47,g35 10 »
Vitrerie 44, 102 1 4 »
Plus un dixième pour les parties non prévues
ou oubliées 397,539 » »
Totai 4,372,929' i4s iij
Les galeries étaient construites dans le délai fixé : c’était l’essentiel pour le duc, qui ne s’embarrassa pas des récriminations de Berthault2 et se hâta de solliciter du roi de nouvelles lettres patentes lui permettant d’accenser les terrains sur lesquels les galeries étaient construites, condition absolument nécessaire désormais pour les ventes projetées. Cette fois, ce n’était plus, comme en 1781, 2,3oo toises de terrain dont il réclamait l’accensement, mais bien 3,500. Le cadeau, comme on voit, était de conséquence. Les lettres patentes lui furent accordées le i3 août 1784 et enregistrées au Parlement, le 26 du même mois, sans difficulté. Il n’est pas nécessaire d’en reproduire ici les termes, quelque importance qui leur ait été donnée, par la suite, dans les procès en restitution que la Révolution fit surgir3. Il suffira de signaler cette particularité qu’on n’y trouve aucune allusion aux lettres patentes de 1781, dont elles ne font que répéter littéralement plusieurs passages. D’autre