‹ Le Palais-Royal d'après des documents inéditsChapitre 237 sur 301 · Piot, Cabinet de l’Amateur, t. IV, p · texte numérisé non relu

Piot, Cabinet de l’Amateur, t. IV, p

venait de donner sa démission afin de se consacrer au commerce des tableaux, et celui-ci, après avoir sondé divers commanditaires, entra en pourparlers avec le fondé de pouvoirs du duc d’Orléans. Il vint à Paris, examina la collection, et d’un commun accord le prix en fut fixé à 100,000 guinées, c’est-àdire à 2,05o,ooo francs. James Christie, après avoir garanti le dépôt de cette somme a la Banque d’Angleterre, devait faire transporter les peintures par un bateau du port de Rouen. C’est sur ces bases que fut signé, le 18 septembre 1790, un contrat en bonne et due forme, dont j’ai retrouvé une copie à la Bibliothèque nationale1 de Paris, et que je reproduis littéralement dans les Documents justificatifs publiés plus loin.

Cette pièce, jusqu’à présent ignorée des érudits, semble contredire d’une façon absolue le récit de Buchanan2, réédité souvent en France, et qui donne sur les circonstances de la vente en Angleterre une version toute différente. Comme Buchanan n’appuie la sienne, d’ailleurs compliquée, d’aucune preuve formelle, ayant la valeur, comme précision, du traité que je viens de mentionner, j’ai cru, je l’avoue, que l’authenticité de celle-ci démontrait la fausseté de celle-là. Voilà pourquoi, au cours de ce travail, eu divers passages, et même dans la préface placée en tête du présent volume, j’ai fait allusion au document nouveau que je produis ici sur la vente des tableaux du Palais-Royal en Angleterre, en donnant pour certain qu’il ne pouvait pas se concilier avec ce qu’on connaissait de cette vente. Je dois reconnaître, après une étude plus approfondie de la question, que l'une des deux versions n’exclut nullement l’autre, ainsi qu'on va le voir.

Que se passa-t-il, en effet, entre le représentant du duc d'Orléans et Christie? Ce dernier, une fois de retour à Londres, ne trouva-t-il pas les fonds sur lesquels il avait cru pouvoir compter? Quelques difficultés s’élevèrent-elles relativement à l’exécution du contrat? Sur l’une des pages de l’acte dont le manuscrit est à la Bibliothèque nationale, on lit trois noms, suivis chacun d’un chiffre : «le prince de Galles, 7,000 guinées; le duc d’York, 5, 000 guinées; le duc de Clarence, 5, 000 guinées. » Ces désignations indiquent-elles la somme que les trois personnages visés se proposaient de fournir pour contribuer à l’acquisition, et Christie, qui ne dut pas cependant s’engager à la légère, ne parvint-il pas à grouper les autres commanditaires dont il avait besoin? Je suis forcé de laisser ces questions sans réponse, et mes longues recherches en Angleterre sur ce sujet sont restées infructueuses.

Quoi qu’il en soit, le duc d’Orléans ne resta pas sur cet échec, et deux ans

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