‹ Le Palais-Royal d'après des documents inéditsChapitre 54 sur 301 · Ibid · texte numérisé non relu

Ibid

4. Dans le Monologue des Tuileries. O11 connaît l’anecdote relative à ces vers que le cardinal trouva si beaux qu’il donna 5o pistoles de récompense au poète.

RICHELIEU DANS SON PALAIS

la nourriture de douze petits chiens pendant douze jours, et quatre livres pour la paille fraiche tous les deux jours ». Ces chiens furent envoyés à Rueil.

Donnait-on une fête au Palais- Cardinal, les mémoires des fournisseurs nous indiquent les dépenses exceptionnelles qu’il fallait faire à cette occasion et le prix des choses, la location des chandeliers d’argent ou de cristal au joaillier de la reine, Pierre Vergne (4 livres par chandelier), le supplément aux musiciens, les collations à Anne d’Autriche, qui adorait les friandises, principalement certaines petites tourtes dont le cardinal la régalait volontiers, ainsi que les confitures sèches que Le Youlte, chef des offices du Palais, se procurait chez l’épicier Henry Saulnier :

i635. Du dimanche 22 juillet, pour la colassion de la Reyne, cinq douzaines de petits fonds de tourtte de toutes couleurs, neuf livres.

XXX livres de confiture fine à quinze sols; XXI III boistes à les mettre, dix livres huict sols. Somme tout quarante sept livres'.

Richelieu qui s’ingéniait à être agréable, savait être galant quand il le voulait. Il était charitable; le budget annuel de ses aumônes l'atteste. Il ouvrait aisément les cordons de sa bourse; la liste des gens qu’il pensionnait le prouve. Pour les enfants, il se plaisait à leurs jeux et les comblait de cadeaux : il donna une fois, en manière de plaisanterie, à sa nièce, M"e de Brezé, qui devait bientôt se marier avec Gondé, et qui avait l’air d’une gamine, une petite chambre avec six poupées qui étaient des merveilles : l'une représentait une femme en couches, les autres la nourrice, la sage-femme, la grand’maman1 2 3, etc.

La grande directrice de la maison du cardinal, qu’on retrouve à tout instant et partout, à Rueil comme à Paris, confidente du ministre, ayant pour lui le respect d’une fille, le dévouement inquiet et tendre d’une femme, c’était sa nièce, la duchesse d’ Aiguillon. Pendant toute la vie de son oncle, on la voit à ses côtés, depuis les premières heures de sa haute fortune jusqu’au moment de son agonie. Une telle affection, qui donna prise à tant de médisances de la part des contemporains de Richelieu, a pu paraître suspecte, mais il faut reconnaître qu’aucune preuve formelle n’existe à l’appui de l’assertion de Guy Patin, lequel a dit :

Le cardinal, deux ans avant de mourir, avait encore trois maîtresses, dont la première était sa nièce, la seconde était la Picarde, scavoir la femme de M. le maréchal de Chaulnes, la troisième était une belle fille parisienne nommée Marion Delorme 3.

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