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k s’acquitter envers eux. Le jeune duc, afin de les satisfaire, fit d’abord la vente d’une partie de tout ce qui lui était revenu des terrains et hôtels situés autour du jardin de son grand-oncle. On se rappelle, en effet, que le cardinal de Richelieu, après avoir vendu, le 18 mars iG3G, k Louis Barbier, pour
VUE DU PALAIS — GAUDIN AL VERS l65o (D’après une ancienne gravure)
io,5oo livres de rente, les quarante-deux «places k bâtir» sur les quarante-cinq qu’il avait fait tracer autour de son jardin (chacune de ces quarante-deux places mesurait sept toises carrées), reprit k celui-ci, le 20 mai iG'n, sept de ces places pour la construction de l’hôtel de Richelieu en déchargeant Barbier de la portion de rente que pouvait supporter ce terrain retiré, et en réduisant cette rente k 8,208 livres. En outre, le cardinal était resté propriétaire : i° de la maison de l’Ours, au coin de la rue Saint-Honoré; 20 de l’hôtel des Mousquetaires, rue des Bons -Enfants; 3° de l'hôtel des Bons-Enfants; 4° des trois portions réservées sur la rue Richelieu, sur la rue des Petits-Champs et sur la rue des Bons-Enfants, pour y établir des passages donnant accès dans le jardin. Tout cela n’avait pas été compris dans le don fait au roi du Palais- Cardinal. Le jeune duc de Richelieu vendit donc, le 29 mai iG55, pour se faire
de l’argent, la maison de l’Ours, plus 3,714 livres de rente foncière à prendre sur dix-sept maisons construites à cette date, sur les terrains dont il était possesseur. Afin de mieux comprendre ces diverses explications, le lecteur peut consulter le plan ci-joint, établi par le géographe Beaurain1 pour les procès que soulevèrent en 1737 ces ventes. Trois acquéreurs se présentèrent: Simon de Lespine, maître des œuvres des Bâtiments du roi, Claude Gauldrée Boileau et Charles de Flacourt, directeur de la Compagnie des Indes. Mais le produit de cette vente ne suffit pas à satisfaire les créanciers de la succession. Par un autre contrat, du 3o janvier iG58, le jeune duc de Richelieu céda encore aux mêmes Lespine, Boileau et de Flacourt l’hotel des Bons-Enfants et l’hôtel des Mousquetaires. Le tout ensemble fut payé 188,000 livres. Ce n’était pas encore assez. L’héritier du cardinal demanda alors au Parlement le droit de vendre la partie construite de l’hôtel de Richelieu et de l’affranchir de l’obligation d’achever ce bâtiment, faisant valoir combien lui était onéreuse une pareille charge. Un arrêt du Parlement, en date du i4 février 1GG0, lui donna l’antorisation demandée et permit aux docteurs de la Sorbonne de prendre les livres de la Bibliothèque, en se chargeant de satisfaire aux conditions du legs de Richelieu. La vente eut lieu aussitôt, toujours à Lespine, Boileau et de Flacourt, pour 120,000 livres. Mais, deux mois plus tard, le 2G mai 1GG0, survenait un arrêt du Conseil qui subrogeait le roi aux acquéreurs et ordonnait le payement par le Trésor des 120,000 livres à Messieurs de la Sorbonne. La somme fut payée le 8 novembre 1GG02. C’était l’époque où l’hôtel de Richelieu s'appelait le palais Brion et où Louis XIV y conduisait son intrigue amoureuse avec Mlle de La Yallière. 11 n’avait pas paru bienséant que des particuliers en devinssent propriétaires. On verra par la suite ce qu’il devint.
Pour en terminer avec les démêlés auxquels donna lieu la succession du cardinal, il convient de faire connaître le contre-coup bien inattendu qu’ils eurent soixante-dix ans plus tard. En 1735, le maréchal de Richelieu, fils de celui dont on vient de lire l’aventure, s’avisa, par caprice ou besoin d’argent, de susciter le plus singulier des procès aux propriétaires des maisons du Palais-Royal bâties sur les terrains vendus par son père. Il émit la prétention qu’en opérant cette vente le duc avait outrepassé ses droits, et (pie la loi concernant les biens légués par substitution avait en cette circonstance été absolument violée. «En effet,» affirmait-il, «la vente n’aurait été régulière que si le duc n’avait pas trouvé dans la succession de sommes suffi-
1. Bibliothèque nationale, Estampes. Topographie de la France. L’original du plan de Beaurain est accompagné au dos d’une note explicative.