‹ Le Palais-Royal d'après des documents inéditsChapitre 8 sur 301 · Correspondance diplomatique, t. II, p. 1 4 1 et a · texte numérisé non relu

Correspondance diplomatique, t. II, p. 1 4 1 et a

a. Voir le contrat de louage dans les papiers laissés par Le Mas’.e. La maison était louée annuellement deux cents livres tournois. — Documents pour servir à l'histoire de V Hôtel-Dieu, t. IV, p. 3oo.

3. Comte de Bonneau- Avenant, La Duchesse d’ Aiguillon, 1882, in- 18, p. 127. Cet liùtel lit partie de la succession du cardinal, et son neveu et héritier, le duc de Richelieu, s’y installa plus tard en 1 655 .

LA CONSTRUCTION DU PALAIS-CARDINAL

où lui-même avait de bonnes relations. A cette époque, Richelieu n’était pas encore « l’homme d’État de grand poids à physionomie grave que la tradition — par un procédé de simplification trop aisé — ramène à un type unique et consacré Ce n’était pas le grand ministre devant qui tout devait se courber, à la « fine et sèche figure » peinte par Ph. de Champaigne, ni le « sphinx à robe rouge » dont a parlé Michelet. 11 n’avait pas alors atteint la quarantaine. Quoique déjà fatigué par la maladie et les affaires, quelque chose lui restait de l’air militaire de sa jeunesse. A le voir maigre et grêle, la mine intelligente et soucieuse, la figure allongée, mais assez pleine et non émaciée comme elle sera plus tard, les yeux gris un peu ternes et cependant pénétrants, voilés par de longues paupières qui s’abaissaient souvent à demi comme pour un recueillement intérieur, les cheveux abondants terminés en boucles longues, les lèvres mobiles, ombragées d’une moustache retroussée à la mousquetaire selon la mode du temps, la voix tour à tour caressante ou impérieuse, on l’aurait pris moins pour un prélat — dont il ne portait d’ailleurs le costume que dans les cérémonies publiques — que pour un diplomate de cour à l’allure souple et cavalière.

Dès qu’il fut nommé ministre, Richelieu dut trouver son logis de la place Royale bien éloigné du Louvre où l’appelaient à chaque instant ses fonctions près de Louis XIII, et c’est alors qu’il conçut la pensée d’aller se fixer au quartier Saint-Honoré. Sa nomination au Conseil date du 9 avril 1624. Dès le 7 septembre suivant, il faisait l’acquisition pour la somme de 90,000 livres du vieil hôtel de Rambouillet, qui était à l’extrémité de la rue Saint-Honoré, près des remparts, tout proche du Louvre, et que la célèbre marquise de ce nom avait abandonné en 1606 pour habiter une autre demeure, moderne et confortable, qu’elle-même fit construire sous sa direction. Cet antique hôtel du xvc siècle, qui appartenait à Anne de Beauvilliers, veuve du conseiller d’Etat de Fresne, avait été pendant quelques années, vers i58o, aux mains de la duchesse de Mercœur, qui possédait également, à peu de distance de là, à l’angle de la ruelle des Bons-Enfants, les restants de l’ancien hôtel du connétable d’Armagnac. La veuve de Beauvilliers ne fit pas une mauvaise affaire, puisqu’elle avait eu pour 34,5oo livres, en 1G0G, l’hôtel Rambouillet, qu elle revendit 90,000 en 1G24 à Richelieu.

C’était, dit le comte de Laborde1 2, comme dans toutes les anciennes habitations, un vaste ensemble de bâtiments ajoutés successivement les uns aux autres, sans régularité au dehors, sans intelligence des besoins au dedans... Après avoir passé une grande porte, encore formidable entre ses tourelles, quoiqu’elle 11c fut

1. Gabriel IIanotaux, Ilisloire du cardinal de Richelieu, t. II.

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