SAINTE MADELEINE, PAU LE GUIDE
(Tableau qui faisait partie de la Galerie du Palais - Royal)
même année. Faut-il conclure que ce besoin d’argent qui pressait le chevalier <le Lorraine venait de ce que son lidele protecteur il était plus la pour lui donner des témoignages monnayés de sa tendresse? Il convient d ajouter qu’il s’engagea vis-à-vis de son prêteur en donnant procuration a celui-ci sur une somme de 5o,ooo livres <pi il devait loucher, disait-il, de la succes-
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sioa du marquis de Bourdelle1. Il faut mentionner, enfin, dans un tout autre ordre d’idées, parmi les actes que j’extrais de cette mine si riche des minutes de notaires parisiens, pour cette période de l’histoire du Palais-Royal, la procuration donnée le 3i janvier 1G70 à Joachim de Seiglière, par Leurs Altesses Royales Monsieur et Henriette de France, de vendre « une grande maison size à Coulombe, consistant en plusieurs bastiments, grand clos, jardins, terres et héritages en dépendant, ensemble toutes les autres maisons et héritages sis au lieu de Coulombe, sans aucune chose en excepter, qui appartiennent à Leurs Altesses Royales, au moyen de don qui en a été fait à Madame la Duchesse d’Orléans par messire Raphaël de Montagut, ambassadeur, et ayant pouvoir de Sa Majesté britannique, le roi d’Angleterre, auquel ladite maison est échue, par le décès de la feue Reyne d’Angleterre. » Il s’agit là, comme 011 voit, de la maison de Colombe oii s’était retirée Henriette d’Angleterre après le mariage de sa fille avec le duc d’Orléans. L’acte porte les deux signatures que nous reproduisons ici.
Faut-il maintenant, pour achever de peindre la vie qu’on menait à cette époque au Palais-Royal, indiquer les dépenses de la table, dire comment et à quels prix on se procurait les provisions de bouche? Pour la table et tout ce qui concernait la bouche, le budget mensuel, rien que pour la maison de Madame, était de 10,000 à 11,000 livres. Quant aux provisions, elles étaient apportées chaque jour au palais, comme au temps du cardinal de Richelieu, par des pourvoyeurs avec lesquels les chefs de service contractaient des marchés. Les minutes des notaires que j’ai pu consulter nous fournissent précisément tous les marchés passés en 1670 pour le pain, la viande, le vin, la rôtisserie, le poisson, etc., et nous donnent les prix de toutes les denrées
1. Le chevalier de Lorraine mourut en 1716, «si pauvre qu’il a fallu que scs amis payassent les frais de son cnlcrremcnt, « dil Madame dans sa Correspondance. Elle ajoute: « Il avait cependant too.ooo écus de rentes, mais il était mauvais administrateur: ses gens l’ont toujours volé. Pourvu qu’ils lui donnassent mille pistoles quand il en avait besoin pour jouer et pour ses débauches, il les laissait dissiper et piller son bien à leur fantaisie... il a fail une bien vilaine tin.» Il mourut au Palais-Royal, frappé d'apoplexie, comme Monsieur. (Cf. Correspondance de Madame, édit. Brunet,