LA. PISCINE
(Tableau de la Galerie du Palais -Royal. — Faisait part'e de la Collect on de Monsieur)
article par article. On trouvera ces documents à la lin du volume (Pièces justificatives) . Pour le pain, par exemple, le premier maître d’hôtel de Madame, Claude Bonniau, contracte marché avec François Hoyau, «maistre
boulanger à Paris, demeurant rue Froimanteau », et celui-ci s’engage à livrer journellement au Palais- Royal tout le pain qui sera nécessaire « pour la provision de bouche de Son Altesse Royale, son train et suitte, suivant les menus qui luy seront baillés pour la distribution d’icelluy..., sçavoir : les deux tiers de pain de bouche du poids de 9 onces et l’autre tiers du commun du poids de 9 à 10 onces bien cuit et rassis, lequel pain sera prizé h raison de treize sols pour chacune douzaine de pains. » C’est Michel Petit, premier maître d’hôtel de Monsieur, qui passe marché pour le vin avec un certain Jules Crousy, demeurant rue de la Juiverie, à l’enseigne de la Pomme de Pin. Tout le vin de bouche et de table doit être livré au prix de 1 1 4 livres par muid, jaugé à la mesure de Paris tenant trente- six setiers' par muid, «sans que ledit Crousy puisse bailler d’autres vaisseaux que muids, » lequel vin de table «sera du meilleur qu’il se pourra trouver». Pour le «commun», le vin doit être de 54 livres par muid tenant trente-six setiers, « bon, loyal et marchand, et sans aucun vice d’ossaux ny desboire» (sic). Le marché pour les viandes, poisson, volaille, etc., était plus compliqué. Il fallait spécifier le prix de chaque pièce, avec sa qualité, sa grosseur ou son poids. Cette obligation nous vaut les renseignements les plus précis sur ce que coûtaient à cette époque, à Paris, toutes les espèces de viandes, la charcuterie, le poisson, les œufs, le beurre. La livre de bœuf était cotée 4 sols, le porc frais 6 sols, le petit salé 7 sols. On avait trois poulets pour 3o sols, un chapon gras pour 4o sols, une poularde grasse pour 43 sols, un lièvre pour 4o sols, un cochon de lait pour 4o sols, une bécasse pour 24 sols, une douzaine de grives pour 4o sols, une douzaine de cailles grasses pour 10 sols, une oie grasse pour 3o sols, une livre de lard ou de beurre pour 11 sols; le cent d’écrevisses se vendait 3o sols. Le poisson de mer était relativement cher. Un petit saumon de deux pieds de long se payait 18 livres 10 sols, un grand saumon 35 livres; une belle truite 12 livres, un grand turbot 18 livres, une grande sole 3 livres, une sole ordinaire 10 sols. Le pourvoyeur s’obligeait à faire la fourniture de ces viandes et poissons aux prix fixés, en telles quantités qu’on lui demanderait; aucune excuse n’était admise de sa part soit pour la saison, soit pour la cherté des denrées. Dans le cas où il n’aurait pas livré celles-ci dans les conditions prévues, les officiers du duc d’Orléans pouvaient en prendre n’importe où ils en trouveraient au compte du pourvoyeur. Le poisson devait être apporté chaque jour, à sept heures du matin en hiver, à cinq heures du matin en été, de façon à ce que, s’il arrivait que les fournitures ne fussent pas « trouvées bonnes, loyales et
1. Il faut se rappeler que le setier de Paris valait 7 litres 472 centimètres cubes. Par conséquent, le muid de trente-six seliers contenait 268 lilres. C’était donc du vin à 42 centimes le litre qu’on buvait sur les labiés princières en 1670, et à 20 centimes sur les tables de service.