Ibid
LE PALAIS-ROY A L
(4oo livres). — Le Titien : Portrait du Commandeur (3oo livres). — Corrègc : Madelaine (1 ,000 livres). — Le Titien : Portrait de femme (a5o livres). — Àimibal Carrache : Son portrait (i5o livres). — Tintorette : Son portrait (260 livres). — Van Dyck : 3 portraits d'hommes, 3 portraits de femmes (600 livres); petit tableau représentant les princes et princesses d'Angleterre (5o livres). — Le Titien : Portrait de l'Arétin (60 livres). — Mignard : Portrait de feu M. le cardinal Mazarin (60 livres). — Giorgione : Poitrail d'un homme illustre (5o livres). — Raphaël : « Une leste peinte à fresque qu’on dit estre de Raphaël » (Go livres). — Perugin : Petite Vierge (Go livres). — Paul Brigle : Petit paysage (3o livres). — Porbus : La feue Rcync Marie (le Médicis (4o livres). — P. de Corlone : Portrait d'une sainte (120 livres).
— Porbus: Portrait du feu roi Louis XIII. — Van Dyck : «Deux portraits du feu loi d'Angleterre, dont l'un est armé, et le troisième d'une femme» (260 livres).
— Quentin Mctsis : Jupiter en amour (ioo livres). — L'Albane : Vierge (100 livres).
Parmi les tapisseries, également très belles, qu’Henriettc d’Angleterre avait au Palais-Royal, il faut citer: «dans la grande galerie cintrée,» Y Histoire dArtémise, en sept pièces, de la fabrique des Gobelins (G, 000 livres), et Y Histoire de saint Pau/, en sept pièces (8,000 livres); «dans le grand cabinet derrière la chambre de Monseigneur le duc d’Orléans,» Y Histoire de Tancrèdc et Clorinde, fabrique de Flandre (3, 000 livres); «dans le Garde-Meuble,» Histoire de Scipion, fabrique de Bruxelles, en sept pièces (3,ooo livres); Y Enlèvement d’Hélène, fabrique de Bruxelles, en six pièces, etc. Au nombre des objets d’art, il y avait un groupe de bronze représentant Henri IV à cheval (a4o livres), ries mosaïques de marbre, etc. Que devinrent ces curiosités? Dans Y Inventaire de Monsieur, dressé en 1701, nous retrouverons quelques-unes des tapisseries, comme Y Histoire de Scipion ou Y Enlèvement d’Hélène. Mais les tableaux n’y figurent pas. Peut-être furentils vendus. Cependant plusieurs d’entre eux et non des moindres — tel que la Famille royale d'Angleterre, de Van Dyck — reparaîtront dans la collection du Régent avec cette indication: «provenant de Monsieur1. »
E11 1671, Monsieur épousa en secondes noces Elisabeth -Charlotte, fille de l’Electeur du Palatinat que la paix de Westphalie avait rétabli dans ses Etats. C’était uniquement un mariage politique. «Vous comprenez bien,» disait à celle occasion M"16 de Sévigné, «la joie qu’aura Monsieur d’avoir à se marier en cérémonie, cl quelle joie encore d’avoir une femme qui n’entend point le françois. » La jeune princesse n’avait que dix-neuf ans. A la vérité, elle n’était point belle, mais c’était une femme d’esprit et de bon sens, qui sut très vile
1. La collection de Madame mériterait une élude à part, qui 11e rentre pas dans le cadre du présent ouvrage. Je compte publier un jour l'Inventaire d'IIenriette d’Angleterre, dont An. de Montaiglon n’a cité (pie quelques lignes relatives aux tableaux, d’après une simple note manuscrite, tirée de je 11e sais quelles « Archives de la maison d’Orléans » ( Archives de l’Art français, a' série, I. Ier. p. 102), sans indication de source. L’Inventaire original comprend deux gros volumes.
LE F HERE DE LOUIS XIV
Je suis née à Heidelberg; ma mère ne m'a portée que sept mois... Je ne suis venue en France que par pure obéissance. Dans ma première jeunesse, j'ai beaucoup mieux aimé m'amuser avec des armes, telles que des fusils, des épées, des pistolets, qu’avec des chiffons et des poupées. Je 11e désirois rien tant que de pouvoir être garçon; et ce désir a failli me coûter la vie : car, ayant entendu conter que Marie Germain étoit devenue garçon à force de sauter, je me suis mise à sauter d une telle façon que c'est un vrai miracle que je ne me sois pas cassé la tète cent fois pour une.
À mon arrivée à Saint-Germain, j'y étois comme tombée des nues : la princesse Palatine m’y laissa toute seule et s'en alla à Paris. Je vis bien que je déplaisois à Monsieur, mon époux, ce que je 11c dois pas trouver merveilleux, laide autant que je le suis; mais je pris dès ce moment la ferme résolution de vivre avec lui de telle façon qu’il s'accoutumât à ma laideur : ce à quoi j'ai enfin réussi.