‹ Le Palais Royal (volume 2)Chapitre 21 sur 94 · SEPTIÈME FILLE · texte numérisé non relu

SEPTIÈME FILLE

FAYELLE

Un marchand tabletier, des environs du Palais, avait pour fille une grande blonde très-aimable. La bouche de cette jeune personne allait presque de l’une à l’autre oreille ; et cependant elle se donnait, par son sourire, un charme inexprimable.

Un huissier-priseur, qui faisait le beau fils, en devint amoureux et l’épousa. Fayelle mariée fut d’abord heureuse. Elle aimait son mari, elle en était aimée. Ils vivaient doucement dans l’aisance, quand un jeune bénéficier du voisinage vint déranger tout cela.

Un jour il aborda Fayelle, qui montait les degrés du Palais. Il donna des louanges à ce qu’il voyait, au pied, à la jambe.... Fayelle se retourna. — Je ne

m’étonne pas ! s’écria le bénéficier. Ho ! mon Dieu ! mademoiselle ! comment se fait-il que vous soyez ici, à pied, à l’heure qu’il est! Vous jouez aujourd’hui?— A quel jeu, monsieur l’abbé? — Mais, dans Rose et Colas. — Fayelle éclata de rire. — Vous êtes fou, Monsieur l’abbé ! — Et, vous, Mademoiselle, vous êtes charmante !... Parbleu ! (se dit-il à lui-même) ; c’est Mademoiselle Du-Fayel des Italiens! — Non certainement. — Car... vous êtes mieux.

Ce fut ainsi que commença la connaissance. Le bénéficier était bel homme : il plut. On le reçut, de l’aveu du mari. Au bout de quelques mois, il séduisit la femme. L’huissier s’en aperçut : il n’avait pas eu d’enfants ; il était sans occupations, à cause des affaires. actuelles : il chassa son infidèle épouse de chez lui.

Fayelle alla trouver l’abbé. En ce moment même, il venait de recevoir la nouvelle de la suppression de son bénéfice. Il était au désespoir ; et reçut mal sa maîtresse.

Fayelle n’osa pas retourner chez ses parents. Elle connaissait deux sœurs, ouvrières en modes, qui tenaient une boutique au Palais. Elle les alla trouver, les pria de la recevoir, et de la faire travailler. Les deux sœurs l’accueillirent, et lui donnèrent un man-

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