‹ Le Palais Royal (volume 2)Chapitre 30 sur 94 · PREMIERE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIERE PARTIE

cabinet. — Gage que ces deux jolies filles sont nos enfants? (dit Ovide). — Cela est certain ! (répondit Ninette). La plus jolie nous ressemble à tous deux ; l’autre à vous et à Rosette, avec laquelle je vous surpris le jour que je montrai notre fille à M. De Blemont... Ils entrèrent ensuite dans beaucoup d’autres détails confirmatifs.

M. De Blemont dévorait leurs paroles. On croirait qu'il fut fâché? Non : c’était un crâne (qu’on nous passe cette odieuse expression) ! il ne fit que substituer froidement une idée à une autre.

Quelques jours après sa découverte, il enleva l’innocence à Cécile. Peu de temps après, il fit le même tort à Rosette. Le misérable ne songea plus à rien laisser à ces deux enfants. Il mourut intestat, à leur égard, le 25 février 178g : Cécile et Rosette se trouvèrent sans ressources. Un scélérat qui porte le même nom que Ninette, flatteur en vain de M. De Blemont, les croyant ses filles, les voulut avilir, pour se venger de l’avare, dont il avait espéré un legs. Il mit ces deux pauvres enfants chez une matrulle qui les prostitue aujourd’hui.^

Si Ovide et Ninette ont de l’âme, ils viendront au secours de leurs filles. Ils n’ont d'enfants ni l’un ni l’autre; qu’ils les sauvent et les adoptent;

ou, quelque jour, nous les feront rougir de leur indignité. Nous osons aussi presser vivement une marchande orfèvre, principale héritière de M. De Blemont, et qui est également sans enfants, à faire quelque chose pour les deux jeunes infortunées !

Nota. Ce M. De Blemont était un grand fou ! Il pouvait se faire aimer de son vivant : il la négligé. Il pouvait se faire célébrer après sa mort : il l’a oublié. A quoi donc a servi à Blemont sa grande fortune? A donner une opulence insolente à de ladres collatéraux, dont il détestait la crânerie et l’esprit borné... Grande leçon !

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