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et ma mère avec son ancien galant! Le tableau était superbe ! Tous ces gens-là étaient au fort de l’ouvrage (dit Eléonore, en riant aux éclats). Ils ne se dérangèrent pas du tout... Le grand nigaud cependant restait là comme une statue, la bouche béante, les yeux immobiles, en chemise écourtée... Je fus la première qui le remarquai : j’éclatai de rire comme tout à l'heure. Les coopérants se levèrent en grommelant, très- fâchés, non de leurs œuvres mais de celles d’autrui. Mon oncle était charmé de m’a avoir eue ; mon père d’avoir eu ma tante ; le galant d’avoir eu ma mère ! Mais le premier grommelait au sujet de sa femme, et mon père n’était rien moins que satisfait d’avoir vu employer sa femme et sa fille! Pour le galant, il grommelait contre le grand nigaud.
» Que dire? ces dames étaient si honteuses, qu’elles se hâtèrent de descendre ! Leurs maris les suivirent. Le galant resta seul avec moi. Il voulut me parler. Je crus bonnement qu’il allait me gronder. Je m’enfuis dans le cabinet du grand nigaud. Celui-ci ferma la porte, et mis hors de lui-même par ce qu’il venait de voir, il me donna un nouvel assaut. Le galant de ma mère trouva la porte en tâtonnant, et courut porter cette nouvelle à mon père et à ma mère. Il avertit également mon
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bel oncle et ma tante, puisque tous quatre étaient ensemble. On fit trêve à une querelle violente, pour remonter avec des flambeaux. On frappa. Le nigaud trop occupé laissa faire. Mon père enfonça la porte et prit le nigaud par le milieu du corps. Celui-ci, comme un enragé quoiqu’il fut à son second acte, se jeta sur ma tante, qui se trouva la plus proche et la renversa. Tout le monde courut au secours de la maîtresse de la maison. Et moi je profitai d’un moment de liberté pour m’échapper.
» J’avais vu à deux maisons plus bas des filles publiques. Je me sauvai dans leur allée, et j’allai frapper à leur porte. Une grosse femme m’ouvrit. Je lui dis, qu’ayant été surprise avec un amant, je fuyais la maison paternelle. Elle me demanda si j’étais déflorée? — Oui, Madame (répondis-je avec une révérence)... Elle s’en assura, et me dit : — Puisque vous n’avez plus votre pucelage, je puis vous garder. Un homme arriva. Elle lui parla bas; puis elle ajouta. — Tenez? en voilà une toute fraîche. Il me trouva si jolie qu’il voulut coucher. On nous donna une petite chambre, et je fus tourmentée toute la nuit.
j) Le lendemain la grosse femme entendit qu’on me cherchait. Elle eut peur. Le soir elle me Æt conduire dans ce quartier chez la maman que j’ai