PREMIÈRE PARTIE
Nous lui demandâmes la permission de prendre des informations, sur ce qu’était devenue la méchante femme de chambre, quelle croyait sa mère. Elle mes arriver la Liébaut. avec l’abbé. Ils se querellaient vivement ! La Liébaut traitait l’abbé de mangon, d’escroc, de chevalier d’industrie! L’abbé lui répondit, devant nous : — Madame Liébaut, y consentit, et nous allions sortir, lorsque nous de tout ce que vous dites de moi peut-être faux, et peut-être vrai. Mais nous savons de vous des vérités certaines, qui ne tendent à rien moins qu a vous faire passer le reste de vos jours entre quatre murailles, au pain et à l’eau, ou à vous faire expirer à la Place d’armes. — Je te défie de me rien citer, gueux ! — Gueuse ! n’ayez pas le verbe si haut ! car je vous confondrais !
Aux cris que poussaient les co-disputants, tout le monde accourut; c’est-à-dire Madame Cunégonde, Isabelle et Rosière.
— Madame (dit l’abbé à la fille de l’actrice allemande et en partie du prince de***), cette créature, cette furie, cette malheureuse est la femme de chambre de la princesse de***. Elle avait pour amant un C — in vigoureux qui lui fit un enfant. Elle accoucha trois jours avant sa maîtresse, trèssecrètement; et comme elle était forte, elle avait
relevé le jour que la princesse mit sa fille au monde. Elle la changea par un tour de passe-passe si subtil, que la petite princesse ne parut pas avoir quitté sa mère. Voici la vraie princesse : c’est Polhimnie, qu’elle mit secrètement à la campagne, comme vous le savez toutes ; et la prétendue princesse laide comme cette femme, et comme le gros C — in son père, a été substituée au véritable sang des S*** et desW***. Voilà un de ses crimes. Mais ne croyez pas que la tendresse maternelle l’y ait déterminée! Non! non! C’est la méchanceté de son cœur.
Un an auparavant, la princesse de*** avait mis au monde une fille. La portière était également accouchée d’une fille. Celle-ci mourut et la cruelle Liébaut qui s’appelait alors Brunichilde, eut l’art de donner la morte à la princesse et la vivante à la portière. Voilà les deux charmantes personnes; Rosière et Polhimnie sont les deux sœurs, et deux princesses, que nous allons rendre aujourd'hui à leurs parents. Mais vous sentez tous (car je parle aussi à vous, Monsieur), combien il est important de garder le secret !
La Liébaut était furieuse et confuse. Elle ne chercha plus qu a s’échapper et elle y réussit. Comme on craignit quelque nouvelle trame de sa part, on se hâta de ramener les deux princesses