TROISIEME PARTIE
Janus. Et puis il fut tranquille ; car c était tout ce qu’il désirait.
Quelque temps après, un soir que les deux belles, qui n’entraient plus qu’ensemble dans son cabinet, lui faisaient des contes, pour l’amuser, il crut s’apercevoir que leur taille était moins svelte. Il les pria de se lever, sous un prétexte, et ne pouvant plus douter, il s’écria : — Serait-il possible ! Les belles rougirent et se turent. Le vieux prince, transporté de joie, leur dit mille choses plaisantes, et manda Madame Janus. Il lui apprit son bonheur, et la consulta sur les avantages à faire aux deux belles. Le plan fut vaste; i n’alla pas à moins que toute la fortune du prince, qui par là fut couverte d’une créance qui l’absorbait. Madame Janus ne ménagea rien. Mais comme elle entrevit des avantages considérables, par le moyen de l’abbé, qu’il fallait conserver, elle donna Rosemauve au vieillard pour Sunamite.
Il fut enchanté de la petite personne, et laissa libres ses deux converseuses. D’un autre côté, Madame Janus fit entendre à l’abbé, qu’il les fallait séparer. Capucine, alors en faveur fut mise dans une maison de campagne et Lavande resta. Elles accouchèrent de deux filles, et l’oncle et le neveu se crurent pères.
Pendant le temps du parture , l’abbé devint amoureux de Rosemauve, et ne pouvant l’épouser, à cause de son indiscrétion naturelle, il en fit sa maîtresse. La petite se donna. Le vieux prince fut encore ici la dupe. Il n avait pas respecté sa Sunamite , qui le mit au tombeau. Il lui donna tout ce qu’il put, et à sa mort il devait plus qu’il n’avait. Rosemauve fera peut-être un grand rôle ; mais son histoire n’est encore qu’ébauchée.
Pour Capucine et Lavande, après leurs couches, elles ont découvert la vérité. Mais, par le conseil de Madame Janus, elles ont dissimulé longtemps ; et elles ont mis la fortune du neveu aussi bas que celle de Tonde.
Nous n’approuvons pas tout cela. Mais en historien véridique nous publions les faits.