TROISIÈME SEIGNEUR POPULAIRE
Démocrate, grand seigneur, d’un caractère un peu différent de Démophile, et trcs-éloigné de celui de Démophoon, prit un parti différent des deux autres. Son histoire est connue de plusieurs personnes.
Le duc des Peupliers, en voyant dans quel dis crédit la noblesse était tombée, prit le parti de l’abjurer entièrement. Il n’éleva pas une roturière jusqu’à lui; ce fut lui qui descendit à l'état de la jeune couturière, dont il devint amoureux.
Elle était jolie. Tout ce qui l’habillait devenait d’un goût exquis ; sa chaussure surtout était d’une élégance et d’une propreté qui annonçaient combien elle soignait tout le reste. Elle était fille d’un mar chand de vin traiteur. Elle était venue demeurer
chez son beau-frère, parce que sa sœur, jeune personne très-aimable, native de la rue Dauphine, avait pris l’ennui du pays, dans la rue Saint-Louis en rile, où demeurait son mari. La jeune sœur était auparavant en apprentissage, et elle avait choisi la couture, par goût; on ne l’habillait jamais à la fantaisie; elle avait voulu savoir faire ellemême.
Le duc la vit un jour, en traversant Vile Saint- Louis. d’orient en occident. Il avait déjà son dessein, de quitter la noblesse, puisqu’il était en gros habit de drap, en bas de laine, et qu’il avait des souliers à double semelle. Il suivit la jolie Sensitive, la vit entrer chez son beau-frère, et sut qu’elle était sœur de la maîtresse de la maison. Il s’en alla. Mais deux heures après, il reparut, et se présenta pour garçon marchand de vin, sous le nom de Bourguignon. Il ne s'était présenté que pour avoir une entrée, et se faire connaître, en revenant plusieurs fois ; mais, contre son attente, il plut à la sœur de Sensitive, et fut accepté. On lui dit qu’il n’avait qu’à faire apporter sa cassette.
Démocrate fut au comble de la joie ! Il retourna dans son hôtel, qui lui parut moins riant que la boutique du marchand de vin traiteur, fit quelques petits arrangements avec son intendant, son maî-