TROISIÈME PARTIE
y Epouse comédienne et Y An deux mille... Noyers se mordit les lèvres, et ne dit mot : les quatre pièces était de lui. Un M. Flins, qui a composé le Réveil d'Epirnénide, lui avait volé son sujet ; car il avait composé deux Epiménides , le premier qui paraissait depuis dix-huit mois, et le Nouvel Epiménide ou la Sage Journée, depuis quelques jours. Thérèse analysa les pièces, tandis que Louise abandonnait une main à Noyers. Le dîner manqué bavait rendue beaucoup plus tendre.
Les deux amies avaient, tant de leur patrimoine, que des présents de leurs futurs, environ deux mille quatre cent livres de revenu. Le fonds était en terres, aux environs de Paris. De sorte qu’en habitant une des maisons, et faisant valoir, on pouvait doubler ce revenu. On en parla.
A onze heures, Thérèse voulut s’en retourner, et Noyers la reconduisit. Il était enchanté. Jamais, il n y eût de créature plus charmante que Thérèse; jolie, grande, svelte, de beaux cheveux cendrés, un air délicieux, un rire séduisant. Et néanmoins cette jolie fille n’inspirait pas de désirs; on n’éprouvait auprès d’elle, que le doux sentiment de l’amitié. C’est qu’il aurait fallu la voir seule, pour l’aimer d’amour. Louise plus petite, mignonne et mignarde, jolie comme un joli pastel, ayant plus de gorge.
un tour plus voluptueux, s’emparait de toute la faculté amoureuse, quand on voyait ensemble les deux amies. Voilà quelle est la clef de tout ce qu’on va lire.
L’attachement que Thérèse inspira par la bonté de son cœur, et la beauté de ses sentiments pour son amie, dans le tête à tête de la Nouvelle Halle, aux Petits Carreaux, éprit autant Noyers aux charmes de Louise, que Louise elle-même. 11 revint le lendemain, bien décidé à remplir son sort.
Il trouva Louise ravissante; elle l’attendait. Ils se mirent ensemble à un petit balcon, tandis qu’on préparait à déjeuner. Louise dit à son amant, qu’elle ne s’informerait pas de lui, que n’eût-il rien, elle le préférait à tous les partis. Que Thérèse venait de l’envoyer avertir qu’on allât passer la journée chez elle, dès qu’il serait arrivé ; qu’elle voulait unir les deux revenus, tout mettre en commun, et n’avoir d’autre mari que celui de son amie; que c’était un projet arrêté... On partit pour aller chez Thérèse, suivis des deux servantes, et l’on ferma la porte de Louise.
Arrivés aux Petits Carreaux, on trouva Thérèse dans l’ivresse de la joie. Elle courut au-devant de ses amis; elle embrassa Louise, Noyers