‹ Le Palais Royal (volume 4)Chapitre 41 sur 98 · DEUXIEME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIEME PARTIE

dans le lit du mari de la messaline. Celui-ci, revenu, et sentant le jeune homme, alla dans la chambre de ce dernier; et comme la méchante courut alors se mettre à la porte de son père, la belle-fille belle-mère, entre auprès du sien déjà rendormi.

» La méchante eut alors la liberté d’aller auprès de son propre père. Elle le fit, mais pour attendre son sommeil, qui ne tarda pas. Alors , elle le quitta, pour se glisser auprès du jeune homme, qui dormait également. Elle se fiait sur les troubles de la nuit pour s’excuser ; outre que c’était dans sa chambre à elle, qu’était le jeune homme.

» Cependant le père de la belle-fille belle-mère s’éveille, et trouvant une femme qu’il croyait la sienne, il en use. La jeune dame tressaille pendant l’assaut, et demi-assoupie, se livre d’autant plus

vivement, qu’elle désirait d’avoir un fils Lais-

sons-les un instant dans la sécurité, pour retourner à la méchante.

» Elle était auprès du jeune homme, embrâsé par un reste d’ivresse. Il est éveillé. Il se trouve après d’une jeune beauté. Il palpe. Charmes parfaits. A quelque chose, il croit, par le tact, être auprès de la belle-fille belle-mère. Il se livre à sa passion. La belle-mère belle-fille, feint de s’éveiller et

de riposter aux caresses de son mari. La possession fut complète.

» En ce moment, le père de la modeste bellefille belle-mère parla ; sa fille, encore dans ses bras, reconnaît sa voix. — Ha ! mon père! c’est vous !...

Je suis perdue! — Ma fille! au lieu de ma

femme! Et il saute du lit, fait de la lumière, et

ne se trouve pas dans sa chambre; mais dans celle de sa fille!...,. — Silence! chère enfant! Le mal

est fait; mais il est secret Il sort, sa lumière à

la main, entre doucement dans sa chambre ; entend s’approche, tire les rideaux, et voit son

épouse possédée parle jeune homme!...

» Celui-ci n’avait pas d’excuse; mais la femme

en avait une On le renvoie dans sa chambre,

où le mari de la belle-fille belle mère était seul. On l’éveille; ils changent de lit, et la méchante feint de gémir

» Telle est l’origine de ma compagne. Elle est fille de son aïeul et de sa mère. Pour la méchante, elle a eu un fils qui est gardé dans la maison de son père putatif, parce que celui-ci est mort. Quant à mon amie, elle a été mise , comme moi, aux enfants trouvés, du consentement de sa mère et de son aïeul, pour en être retirée, s’il n’y avait pas d’autres enfants. Il y en a, et nous serions

Page 1