‹ Le Palais Royal (volume 4)Chapitre 49 sur 98 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

» Chacune témoigna en particulier à la sœur veuve, le désir d’aller passer trois mois chez une tante, et toutes deux l'obtinrent, sans que la sœur en parlât à l’autre. Au moment du départ, les deux cadettes furent très-surprises d’avoir eu la même pensée. La tante de province fut également surprise d’avoir reçu la même prière de renvoyer à Paris les lettres à son adresse sous enveloppe, et elle en avertit la sœur aînée, qui, prudemment, se tut.

» La sage-femme fut plus discrète que la provinciale. Elle reçut les deux sœurs séparément, et charmée de cette pratique, qui lui parut bonne, elle eut soin qu’elles ne se vissent jamais.

» Elles accouchèrent, la blonde de moi; la brune de ma sœur-cousine. Nous tenons de notre père pour la taille et la force, et de nos mères, pour la couleur de la chevelure.

» Après le rétablissement , les deux sœurs parurent arriver de province. L’une dit qu’elle avait été chez une autre parente, qui avait renvoyé à la tante ses lettres, reçues dans la ville sous enveloppe; et la bossue continua d’avouer la tante.

» Nous avions été mises en nourrice, bien secrètement, à ce qu’on croyait. Mais notre tante, la veuve, savait tout. Elle nous laissa téter, et après

notre sevrage, un beau matin, elle nout fit enlever, et porter à maman Janus, afin que ses enfants aient la succession de ses sœurs, Nos mères ne savent pas encore cette ruse. Mais maman Janus la leur découvrira, dès que nous aurons fini notre trennat avec l’agioteur, qui nous a préférées pour ses coucheuses, et qui paie trop bien, pour qu’on le néglige. »

Nous avertissons nos lecteurs , que nous leur donnerons la continuation de l’histoire de toutes les Sunamites, lorqu’il sera question de leur second emploi, comme Berceuses, Chanteuses, ou Converseuses.

Ce fut ainsi que se termina la seconde quatorzaine.

TROISIÈME QUATORZAINE

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