‹ Le Palais Royal (volume 4)Chapitre 63 sur 98 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

outre vingt mille écus de dot. Qu’elles choisissent des hommes capables. Vous savez ce qu’il me faut.

Nous quittâmes le vieillard très-satisfaits, et nous accourûmes chez Madame Janus, que nous instruisîmes. Elle appela Rosalie et Fanchette.

— Choisissez-vous chacune un mari à votre goût (leur dit-elle;. Puis la maman leur détailla les avantages que nous venions d’obtenir. Rosalie parut transportée de joie. Pour Fanchette, elle soupira. — Qu'as-tu, ma fille? (lui dit Madame Janus). Fanchette se jeta dans ses bras : — J’ai fait tout ce que j’ai pu, maman, pour arracher cet amour de mon cœur ; mais je n’ai pu ! — Hé ! qu'est-ce ! — J’aime ton fils. — Il n’a pas 16 ans ! — N’importe ! je l’aime depuis trois ; je ne demande pas à l’épouser, je lui ferais tort. Mais permets que je sois sa maîtresse, jusqu a ce que lu l’établisses avantageusement. Je le préserverai du libertinage ; je veillerai sur ses mœurs et sa santé... Il m’aime aussi, car il me le dit tous les jours. Mais je ne voudrais pas l’épouser, quand tu y consentirais, maman ! Ton fils est fait pour avoir un état et une alliance. C’est avec plaisir, que je le verrai honoré.

Nous étions muets, pendant ce discours. Madame Janus rompit enfin le silence, pour accepter la proposition de Fanchette.

Pour Rosalie, elle nous montra un beau jeune homme du voisinage, qui consentit à profiter de tous les avantages que faisait le vieillard, et qui l’a épousée.

Rosalie et Fanchette sont aujourd’hui chez leur Restauré. Elles l’endorment, et le bercent, par leurs propos. Toutes deux sont heureuses à leur manière ; l’une par l’hymen, l’autre par l’amour. Le reste des événements est encore sous le voile de l’avenir.

Nota. Nous apprenons à l’instant que le fils de Madame Janus a voulu épouser Fanchette, et que sa mère s’est prêtée à ses désirs. Fanchette à notre sollicitation va consenti.

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