‹ Le Palais Royal (volume 4)Chapitre 94 sur 98 · DEUXIEME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIEME PARTIE

de les deviner ! La présidente les regarda toutes ; elle s'arrêta ensuite sur Lilette, en disant : — La voilà. On l’amena dans ses bras. Ernestine chercha ensuite sa nièce, et la reconnut également, à sa ressemblance avec elle.

Il ne s’agissait plus que de savoir comment on ferait, pour les présenter dans le monde. Il fut décidé qu’on dissimulerait absolument leur histoire ; que les mariages se feraient secrètement , et qu’ensuite, on donnerait les nouvelles épouses pour deux orphelines, après les avoir greffées sur deux vieilles tiges. Mais on a mis dans les actes, les vrais noms et la vérité.

Nous pouvons certifier, que ces deux jeunes personnes, adorées de leurs maris, en sont vraiment dignes, et qu’elles rendent le bonheur qu’on leur donne.

Nota. Quelqu’un à qui nos feuilles sont communiquées, à mesure qu’on les tire a fait deux observations. L’une sur la fille appelée Coquine, qui a fait périr son enfant. On a craint que nous ne fussions ses dénonciateurs pour un crime capital. M. Aquilin des Escopettes assure qu’elle n’existe plus.

La seconde est au sujet du garde national, qui maltraitait une fille dans une des allées du Club. M. Aquilin a prétendu, par ce récit, engager nos patriotes militaires à se respecter eux-mêmes. Nous ajoutons ici. avec joie que ce but est rempli.

SIXIÈME, SEPTIÈME, HUITIÈME, NEU- VIÈME, DIXIÈME, ONZIÈME ET DOU- ZIÈME CHANTEUSE

SOUCIE ETGÉNÉTINE, MUSCADINE ET GRE- NADE, PI EDALOU ETTE , ABRICOTE ET FÉLICITÉ

On sait que Soucie est fille delà blonde mousselinière, et que Génétine est sœur de Bluette, Barberose et Tulipette.

Soucie a la voix douce, harmonieuse, touchante: Génétine l’a sonore, argentine. Lorsqu’elles chantent ensemble, elles produisent un effet surprenant !... Un jour, qu’elles étudiaient une ariette nouvelle, et qu’elles se concertaient, deux seigneurs polonais, nouvellement logés dans un hôtel du voisinage, se trouvèrent sous la fenêtre du salon. L’un d’eux dit à l’autre : — Voilà deux voix délicieuses ! — Je

gage, à discrétion (dit le comte Stanislas ), que celle qui a la voix douce est blonde, charmante et tendre. Je gage, à discrétion, que l’autre est brune, éveillée, volage. — Je gage que la voix douce est brune (répondit le jeune prince Sigismond) ; que la voix argentine est blonde, et que toutes deux sont des femmes de vingt-cinq ans , d’une beauté médiocre. Chacun des deux posa sa gageure; puis, s’étant informés de la maison, ils y entrèrent.

Madame Janus les reçut. Elle les écouta, sourit, en leur disant : — Ce n’est pas tout, Messieurs; il faut deviner les deux cantatrices, au milieu du groupe de leurs compagnes. (C'étaient Muscadine, Abricote, Piédalouette et Félicité).

En voyant sept jeunes personnes charmantes, les deux seigneurs étrangers parurent dans le plus grand étonnement!... — Madame (dit le jeune prince), il faut ici fermer les yeux, pour ne pas être ébloui. Je confesse, que je ne puis reconnaître, à la figure, celles qui ont chanté. Le comte, après un long examen, en dit autant. Les jeunes personnes sourirent. Madame Janus les fit toutes sortir, et d’une pièce voisine, Mascadine fit entendre les sons d’une voix brillante , en chantant le rôle d’Euridice.

— Ce n’est pas celle-là (dirent les deux Polonais).

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