‹ Le Palais royal (volume 5)Chapitre 18 sur 91 · TROISIEME PARTIE · texte numérisé non relu

TROISIEME PARTIE

Dès que les deux jeunes gens furent partis, elle alla chez les vieillards. On refusa de l'introduire sur-le-champ. On l'annonça, et elle attendit. Enfin, un des vieillards parut, et lui fit des excuses, en l'introduisant. Elle trouva ses quatre élèves avec quatre hommes, en comptant l'introducteur, deux jeunes gens et deux vieillards. Orange, qui était la plus éloquente et la plus hardie, s'élança dans les bras de Madame Janus, en lui disant :

— Maman I depuis que nous sommes avec ces Messieurs, nous n'avons pas voulu nous séparer... Je vous ai écrit deux lettres... — Je ne les ai pas reçues. — Ces Messieurs veulent absolument que nous soyons leurs complaisantes, sous l'oITre de perdre leurs dépôts. Une des quatre terres appartient à chacun d'eux. Mais quand jious serions sûres de les avoir, nous ne ferions pas ce qu'ils exigent, et nous voulons être mariées, comme nos compagnes. Je vous préviens encore, que les deux fils de ces deux là... (montrant les vieillards)... étaient amoureux de Pivoine et de moi, et que c'est pour cela qu'ils ont été nous demander. Quant à ces deux Messieurs (montrant les deux amis des jeunes gens), ils font leur cour très-vivement à Framboisine et à Fraisée. Le sentiment de mes compagnes et le mien, est que nous ne pouvons

pas rester ici ; qu'il faut nous en retirer, et rendre les dépôts. Nous trouverons mieux une autre fois.

Madame Janus, qui ne marchait pas seule, dans ces occasions, frappa des mains, et aussitôt on annonça huit hommes, qui demandaient à entrer. Il fallut bien les introduire. Ils ne dirent mot. Les quatre jeunes personnes vinrent se mettre au milieu d'eux ; et Madame Janus, sans prononcer une parole, sortit avec ses quatre élèves, entourées des huit hommes.

Arrivée chez elle, cette femme y attendit les vieillards. Ils ne manquèrent pas d'y venir le surlendemain, avec les deux jeunes gens, amis de leurs fils.

Mais ceux-ci ayant revu Orange et Pivoine à la croisée, ils s'étaient présentés chez Madame Janus, qui avait refusé de les laisser parler à leurs maîtresses. Ce fut ce qu'elle dit aux vieillards, qui l'en remercièrent. Elle leur remit ensuite leurs dépôts, et les pria froidement de se retirer.

La conduite ferme et désintéressée de Madame

Janus les étonna!... Ils avaient vu de près les

quatre belles, et l'impression de leurs charmes et

de leur mérite avait été profonde. Les vieillards

. offrirent de les épouser, pour garantir leurs fils d'un

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