‹ Le Palais royal (volume 5)Chapitre 19 sur 91 · TROISIEME PARTIE · texte numérisé non relu

TROISIEME PARTIE

mariage inconvenant. Madame Janus accepta, ce qui redoubla Tétonnement. On lui demanda si SCS filles y conseatiraient ? — Il suffira que je le conseille. Je sais parfaitement ce que c*est que le néant des jeunes gens d'aujourdliui ; et mes élèves m'en croiront sur ma pafole. En effet, ayant appelé Orange et Pivoine, elle leur répéta les propositions des vieillards, qui furent acceptées sans hésiter. Ils s'engagèrent, de leur côté, en laissant la moitié du quadruple dépôt qui les regardait.

Le comte et le marquis parlèrent ensuite pour eux-mêmes.' — Avez-vous des pères ? (leur dit Madame Janus), car je ne conseillerai jamais à mes élèves d'épouser des jeunes gens. — Oui (répondirent-ils), nous en avons. Envoyez-les-moi? — Nous vous les amènerons. L'on sortit.

Dans la réalité, les deux vieillards (à ce qu'on rapporta chez Madame Janus), avaient pris un goût très-vif pour Orange et Pivoine, et leur intention était de les épouser, pour sauver ce mariage à leurs fils. Ils agirent en conséquence.

Deux jours après, le comte et le marquis reparurent, mais tellement déguisés, qu'on ne les reconnut pas. Ils se dirent leurs pères. Madame Janus les prit pour ce qu'ils se disaient. Ils se passionnèreut pour Framboisine et Fraisée... Madame

Janus prit alors son air fin, pour leur dire : — Messieurs, j'ai des élèves de tous états. Celles que vous me demandez ne sont pas... d'une naissance relevée; mais... elles n'en ont que plus de mérite. Et elle fit leur véritable histoire, d'un air qui la démentait. On fut si persuadé que la vérité devait être tout le contraire, que les prétendus vieillards assurèrent, qu'ils étaient fâchés que leurs belles ne fussent pas d'un rang plus bas, afin de leur prouver mieux leur attachement désintéressé.

Les deux autres vieillards continuaient leurs préparatifs. Les deux jeunes voisins se présentaient presque tous les jours sans être reçus. Enfin le moment arriva. On se rendit à l'autel à minuit. Les quatre mariages furent célébrés, et de là, on se rendit chacun à la chambre nuptiale.

Les nouvelles mariées furent surprises de l'amour vigoureux de leurs vieillards! Mais elles n'avaient pas assez d'expérience, pour se douter de la vérité.

Le lendemain, on revit des vieillards. La nuit suivante, dans l'obscurité, c'étaient des Titons rajeunis. Les quatre élèves consultèrent maman Janus, qui leur fit présent à chacune de plusieurs bouteilles de phosphore, pour examiner leur amour au milieu de la nuit. Elles n'y manquèrent pas ; la

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