TROISIEME PARTIE
pas le prix de la naïve bonté dans une femme 1) Et conime il en avait peu, il fut séduit par cet esprit agréable, indiqué par les yeux les plus spirituels... Dès qu'il adora Mademoiselle Parisin , le faux Lavarenne dit au véritable : — Tu peux te marier ; car m'en voilà fou, — T'aime-t-elle ? — Je le crois.
— Es-tu un homme, ou un vil esclave des préjugés î — Je serai tout ce que tu voudras, s'il y a moyen de me donner Aurore, sans risques pour mon honneur et le sien. — Oui, et un moyen sûr ; puisqu'il ne dépend que de nous quatre. — Je m'abandonne à toi. Fais tout ce que tu voudras. — J'aurai ta femme ! tu auras la mienne.
Au premier membre, Saci avait tressailli; mais le second l'avait calmé. Il se jeta dans les bras du vrai Lavarenne, en lui disant : -— Tu as plus d'esprit que moi ; fais tout ce que tu voudras. — C'est ta femme qui m'embarrasse... Pour Aurore, si elle t'aime... elle a de l'esprit et j'en viendrai à bout. — Il est vrai que ma fe Jime est si niaise !...
— Laisse-moi donc faire.
D'après cet entretien, le vrai Lavarenne alla voir Aurore : les préparatifs du mariage avançaient. — Mademoiselle (lui dit-il) je vous épouse aussi, moi, puisque nous devons demeurer ensemble :... Vous me convenez fort ! mais il faut savoir, si je vous
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conviens ? Aurore sourit, et l'on causa. Le vrai Lavarenne sonda les dispositions de la belle : il s*aperçut que la bonhomie de Saci, ou du faux Lavarenne, étaitune qualité aux yeux de sa prétendue, comme la naïveté de Julienne en était une aux siens. Il demanda permisston de rendre une seconde visite. Il montra beaucoup d'esprit ! et n'en tut pas plus séduisant pour Aurore, qui préféra le faux Lavarenne.
A la seconde visite, trois jours avant celui marqué pour le mariage, le vrai Lavarenne sentit qu'il fallait parler. Il fit des confidences sur les affaires. Aurore se familiarisa bonnement. Elle g oûta fort tous les projets d'amélioration à faire avec sa dot. Quand l'on se fut bien concerté ; qu'on fut bien d'accord ; que le vrai Lavarenne eut bien saisi la trempe d'esprit d'Aurore, il lui dit : — Je vous ai parlé confidemment; tout roulera sur nous : mon ami, et sa femme sont excellents pour l'exécution, pour l'économie; et nous serons l'âme de l'association... Mais... il est un point... important... décisif; instant, que je ne puis différer de vous déclarer... — Quel est-il ?... Est-ce une mauvaise affaire î... Mon attachement pour M. Lavarenne est à toute épreuve. — Ha I Mademoiselle I ce mot me rassure 1 — De quoi s'agit-il ? — Le voici.