‹ Le Palais royal (volume 5)Chapitre 71 sur 91 · LE MARI QUI ÉPOUSE DEUX AUTRES FEMMES · texte numérisé non relu

LE MARI QUI ÉPOUSE DEUX AUTRES FEMMES

Un homme, marié en province, et dont la femme avait mérité de perdre l'estime, vivait à Paris, dans la langueur de la mort de l'âme, allant aux spectacles, composant quelques romans, et voyant quelquefois des filles publiques, ^^ais cette trompeuse volupté l'attristait encore davantage. Il aimait les femmes, et il lui semblait qu'une prostituée était un être plus éloigné des femmes que les hommes.

Il était dans ces dispositions, quand un soir se promenant à la Nouvelle Halle, il aperçut une personne charmante, qui fuyait deux étourdis. Noyers vola au secours de la belle, qui se jeta

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presque dans ses bras, comme une perdrix que poursuit Tautour, se jette dans le sein du chasseur. Il conduisit Louise chez elle.

La jeune personne occupait seule un petit appartement au coin de la rue Babille et de celle des Deux-Ecus, Elle avait une cuisinière et une voisine mariée, dont Tépoux était un gros pédant! La cuisinière fut très-émue de l'accident de sa jeune maîtresse ; la voisine la plaignit et remercia Noyers ; le gros voisin déclama sur la perversité du siècle, et termina par conseiller à Louise de ne jamais sortir. La dame, elle, proposa de la marier. Louise, qui connaissait le prétendu, répondit vivement qu'elle ne voulait pas se marier. Noyers resta peu, de peur d'être indiscret. Il entendit, en sortant, qu'on faisait beaucoup de questions sur son compte. Louise dit, que c'était un- inconnu. — Il ne vaut pas mieux que les autres (s*écria le gros voisin) ; et je suis sûr qu'il vous désire. — Quel mal. quand il me désirerait un peu (répondit naïvement Louise). Nous employons une partie de la matinée à nous rendre désirables; nous dépensons pour cela : n'est-il pas ridicule de nous fâcher ensuite, quand ces pauvres hommes nous témoignent que nous avons réussi? — Ah 1 Mademoiselle Louise I (s'écria le gros voisin) ce que vous

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