‹ Le Palais royal (volume 5)Chapitre 72 sur 91 · TROISIÈME PARTIE l8l · texte numérisé non relu

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dites là. Et comme il ne finissait pas, sa femme ajouta : — N'est-ce pas bien ! Cest coquet! très-coquet! plus que coquet! Pour Noyers, il trouva que Louise avait de l'esprit et un bon cœur. II résolut de la revoir.

Quelqu'un montait. Il fut obligé de quitter son poste. C'était le soir; il ne fut pas vu.

— Ah ! c'est Thérèse (s'écria Louise). Et elle lui raconta son aventure. Noyers, qui était remonté sur les pas de Thérèse, écoutait encore. — On se marie quelquefois par ces rencontres-là ! (dit-elle). Si cet homme t'a bien remarquée, il reviendra, car on ne t'oublie pas si facilement. Il faut savoir si c'est un parti convenable (dit le gros voisin). — Sans doute ! (ajouta la voisine). Il ne reviendra pas (dit Louise); on ne l'a pas seulement remercié ! —C'est mal ! (dit Thérèse), — C'est bien (s'écria la voisine), un inconnu ! — Mais qui l'a servie, garantie ! (reprit Thérèse). Pour moi, je l'aurais embrassé dix fois, pour avoir garanti mon amie. Et elle baisa Louise.

Louise et Thérèse sortirent alors de chez le gros voisin, et Noyers fut obligé de se retirer, à cause de la lumière qui les précédait. D'autres personnes qui rentraient éclairées, le forcèrent à sortir de la maison, dont on ferma la porte d'entrée.

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Ce que Noyers venait de voir et d'entendre, lui donnait fort à penser ! Deux personnes charmantes, qui paraissaient honnêtes et libres î Quelle aventure! Il en pressentait tout le prix... Aussi, dès le kndemain matin, il vint chez Louise, sous prétexte de sinformer de sa santé, après sa frayeur. II la trouva seule. Thérèse, qui avait partagé son lit, était sortie avec la cuisinière. Louise le fit passer dans la pièce du fond, et lui dit : — Je suis charmée de vous revoir, et je veux que ma bonne amie vous retrouve ici. Ce n*est pas cette dame d'hier. C'est une honnête personne; mais nos âges ne permettent pas une amitié réciproque. Je la respecte beaucoup ; mais j'aime Thérèse et j'en suis aimée... Je suis orpheline, elle aussi. J'ai mon frère pour tuteur. Il est absent, et demenre à l'étage au-dessous; c'est un chirurgien connu. Thérèse a son oncle, absent aussi avec mon frère, pour une affaire commune. Ils nous ont rendu amies et nous sommes sous la garde Tune de l'autre. Voilà notre situation.

Noyers comprit que Louise lui demandait la sienne. Il était sous le charme. L'objet provo? quant qu'il avait sous les yeux, étalait les fleurs de la jeunesse, la perfection de la beauté, le goût dans la parure, et cette propreté vierge, le charme le

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