‹ Le Palais royal (volume 5)Chapitre 80 sur 91 · TROISIEME PARTIE · texte numérisé non relu

TROISIEME PARTIE

recommença Tattaque, sans réussir, parce que le trop est trop, et qu'il faut de la modération en tout.

Victoire-Rosalie épousa le mercier. Sa grossesse était de cinq mois. Le marié ne doutait pas d'en être Tauteur. Il faut si peu de chose, que les transactions, philosophiques citent Texemple d'une fille non-perméable, qui néanmoins devint féconde, parla seule explosion... Le mercier avait lu ce trait, et qu'il fallut une opération complète pour accoucher... Victoire- Rosalie, de son côté, ignorait absolument quel était son premier possesseur. Des questions adroites lui faisait entrevoir que ce n'était pas son mari... Qui était-ce? Tout ce qu'elle savait, c'est que cet inconnu était plusieurs fois aimable, contre une, comparé au mercier. Elle aimait cet être inconnu, et à telle fin que de raison, elle restait seule, sans lumière, les fêtes et dimanches, en l'attendant.

Il reparut. K — n observait : il remarqua cette affectation, et il s'exposa. Il fut bien reçu. On ne lui disait pas un mot, mais on répondait à ses caresses. K — n revint ainsi, une douzaine de fois, sans être connu, sans qu'on parût le désirer.

A la treizième, Victoire-Rosalie lui dit : — Cher amour 1 ne veux-tu pas que je te voie ? — De tout

306 LE PALAIB ROYAL

mon coeur ! (répondit K — ^n). Je suis le père de votre premier enfant; j'ai eu vos prémices, je vous adore. — Je t'ai reconnu (répondit Victoire-Rosalie), et j*ai senti que tu étais le même. Que je te voie, si cela ne te contrarie pas I autrement je consens à te faire le sacrifice de ma curiostté. K — n, à ces mots, alluma lui-même une bougie, et se montra. Victoire-Rosalie fit un cri. K — n était son voisin. C'était le seul jeune homme qui Teût agréablement affectée, depuis qu'elle existait. Sa joie fut inexprimable... Elle le renvoya, néanmoins, à cause de son mari, et il fut convenu, qu'il viendrait tous les jours de fêtes, le soir, dans l'obscurité : mais, que dans le jour, ils se verraient sans se parler.

Tout alla bien d'abord. K— n fut heureux. Mais bientôt ; il devint jaloux. Il exigea que sa maîtresse n'accordât plus rien au mari. Victoire- Rosalie ne demandait pas mieux. Le mercier n'eut plus de femme. II s'en plaignit aux parents de la sienne.

La mère de Victoire-Rot^alie était une coquette encore belle femme, pleine de tempérament, et connaissant celui de ses deux filles, une aînée, marchande fourreuse» qui avait eu beaucoup d'amants, et la mercière : Elle se douta de quelque chose, et demanda une clef au mari. Le mercier la donna. La mère, dès que le mari sortait, en était

Page 1