TROISIEME PARTIE 2O
avertie, et elle allait épier. Quelquefois sa fille sortait aussi, et alors Madame Siram entrait et cherchait partout. Elle ne voulait pas compromettre sa fille ; mais la sauver, si elle était coupable ; la justifier, si elle ne Tétait pas.
Un soir, qu'elle s'était glissée dans la maison, au moyen de sa clef, elle entendit rentrer. Elle crut que c'était Victoire-Rosalie. Elle se tint dans sa retraite, à la ruelle du lit. Mais elle remua. Aussitôt on vole à elle, et sans préambule, une voix qu'elle reconnut pour celle de son beau voisin K — n, articula des plaintes d'une longue privation I Madame Siram voulut voir ce qu'il ferait. Elle ne croyait pas qu'il volerait à la victoire avec tant de précipitation 1 Elle voulut parler, quand il fut trop tard... Elle ne fut pas entendue. Alors elle se tut. Le héros allait de conquêtes en conquêtes,... quand la jolie mercière rentra. Le bruit qu'elle fit, rendit muets et tranquilles les deux premiers acteurs. K — n vit sa belle. Il ne voulut pas connaître celle qui venait de le rendre matériellement infidèle ; il s'échappa. Macame Siram en désordre, ne voulut pas être trouvée par sa fille; elle s'évada. K — ^n, qui guettait dans l'allée vis-à-vis, la vit sortir, la reconnut, la suivit. Elle rentra chez elle. Comme il connaissait les êtres, il l'épia. En rentrant elle se
jeta sur une chaise longue, et parla en soliloque.
— K — n est Tamant de ma fille cadette !... II vient de me prendre pour elle... Que faire?...
K — n ne voulut pas en entendre davantage. Il courut chez sa maîtresse, et lui avoua ce qui venait de se passer. Victoire-Rosalie tomba dans une rêverie profonde, dont son amant la tira, par des preuves d*amour.
Or. le mari, qui avait vu sa belle-mère entrer chez lui, s*était tenu caché, dans la même allée où se réfugiait K — ^n. Il avait vu entrer celui-ci dans la maison. Il Ten avait vu sortir, et entrer dans son allée. Il Tavait vu suivre la belle-mère, revenir, rentrer, pénétrer dans Tappartement. Il l'y avait suivi, et il avait entendu Taveu de K — n à Victoire- Rosalie... On ne se douterait pas de ce qu'éprouva le mercier, à la nouvelle de ce qu'était son beaupère ! Il eut envie de rire!... et sans plus attendre, il courut chez lui. Ce fut pendant ce temps là, que K — n prouvait son amour....
On arriva. Mari, beau-père, belle-sœur (qui s'étaient trouvés chez M. Siram, à la fin des preuves). Le mari ouvrit doucement. Tout le monde entra. Mais la jolie mercière avait un secret qui l'avertissait, quand on ouvrait. Elle dit à son amant : — Nous sommes surpris. De la prudence !